La vérité a cessé, depuis bien longtemps, d'avoir un sens. Il y a de ces vérités, qui s'entrechoquent,
s'affrontent ou s'épousent. Chacun porte en lui son monde, qu'il regarde, souvent, comme la seule voix du bonheur. Il en est de ces prophètes semant, sous leurs pas, le germe de la haine, parce
qu'ils se proclament diseurs de vérité. Le socle commun de l'humanité ne devrait être que dans les valeurs protégeant les vies, dans la compassion pour le faible, et dans le respect de
l'altérité. Autrui, un bien joli mot qui promet une vision différente, et l'échange, quand la confiance s'invite à la table, offre volontiers le partage au repas. Elle et Lui se rencontrent, ils
mêlent leurs vérités. Ils pétrissent dans l'argile d'un amour naissant, un possible qu'ils voudront vrai. Et puis, parfois, le vin tourne au vinaigre et la soupe surit. Il ne reste que le goût
amer de restes vieillis. Ils ont repris, en quittant la table, chacun sa vérité. Elle a cessé, depuis longtemps, d'avoir un sens.
Mercredi 3 décembre 2008
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Publié dans : Confessions particulières