Il avait cet air là de ceux qui suivent leur étoile, les rires au bord des yeux. Il avait vécu comme un oiseau, se posant parfois, au coin d'une portée, quand l'envie d'écrire le poussait à s'enfermer. Seul son violon l'avait accompagné dans ses errances. Il avait quitté son village un matin, sans se retourner, parce qu'il avait dans le cœur la lumière de son désert qui plongeait jusque dans l'océan. Il avait une âme d'enfant.
Sur son chemin, il avait croisé des amours, et des chagrins aussi. Un jour, il avait rencontré une femme et s'était laisser couler dans le doux cocon du foyer, là-bas, dans le Nord, où le froid martyrisait ses doigts, si précieux.
Mais le temps est souvent cruel et délie les nœuds que l'on se choisit. Ils avaient finis par porter leurs pas sur des sentiers qui ne se croisaient plus. Ils vivaient côte à côte, désormais.
Régulièrement, il prenait l'avion pour rentrer au pays. Il tournait, son violon niché au creux du cou, de spectacle en concert. Et sa musique était fredonnée, dans les rues de son pays.
Finalement, sa vie lui convenait. Les nuits chaudes des étés, il jouait chaque fois qu'une scène l'accueillait. Et puis, lorsque venaient les frimas, que le soleil était juste un peu plus bas, il repartait. Avec le temps, ces départs lui devenaient pénibles.
Depuis quelques années, il ressentait comme un vide, qu'il camouflait d'un sourire, et sur lequel il ne mettait pas de mots.


Mardi 3 février 2009 2 03 /02 /Fév /2009 12:20
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