Je suis le cinq centième. Bon, je porte le numéro 508, mais huit articles sont consacrés au catalogue, ils ne comptent pas, ils ont été créés après coup, pour le besoin du lecteur, et de ma propriétaire. Ben voui, ça l'oblige à réfléchir à son classement.
Mon inventeresse nous soigne, mes congénères et le ci-devant vous cinq centième. Je dis « inventeresse » parce qu'elle ne se reconnaît ni dans le mot « écrivaine », ni dans celui de « créatrice ». Elle aime écrire, cette fille là, mais comme on baguenaude, en faisant des petits bonds joyeux.
Deux heures par jour, elle se colle à l'écran sans trop savoir où ses errances scribouillardes l'entraîneront. Je crois d'ailleurs que, si elle ne se laissait pas surprendre par sa propre fantaisie, elle ne serait plus là, à s'épancher sur la toile.
Vous ne la connaissez pas la dame, mais moi si, et bien, en plus. Alors n'allez surtout pas penser qu'elle est tarée et autres qualificatifs peu flatteurs. Dans les vraies vies, celles que l'on appelle professionnelle ou personnelle, elle est plutôt sérieuse. Bien sûr, elle en connaît des ceusses qui n'adhéreront pas à cette affirmation. Mais les ceusses en question sont faits de ce bois dont on fabrique les portes... de prison. Qui, en effet, n'a pas croisé de ces gens qui pensent que les règles sont des murs et les cadres de référence, des geôles ? Qui n'a pas fréquenté au moins une fois des quidams aigris et amers que la créativité, l'imagination irritent, parce qu'ils en sont dépourvus ?
Avec le temps, et l'âge malheureusement, elle dépassé son envie d'être appréciée universellement. Elle a fini par comprendre que la posture était aussi immature qu'arrogante, illusoire qu'inutile. Elle se résout à se connaître des détracteurs, des indifférents, voire des ennemis. Sans joie.
Lorsque je me retourne sur ma tribu, je constate à quel point nous sommes disparates, mes potes et moi, combien nous appartenons à des univers dissemblables. Comme si plusieurs personnalités se côtoyaient, cohabitaient sous la tignasse de Melle Timiste. D'aucun penseront à une forme de schizophrénie, les mêmes qui frissonnent en chuchotant d'horreur sur la souplesse de la dame. Mais rien n'est moins vrai. Assumer se propre diversité, la joyeuseté de sa nature quand elle flirte aussi avec le sombre, n'est jamais que l'acceptation de soi.
Et bien oui, mon inventeresse surfe sur des vagues variées. Mais qui a dit qu'on ne pouvait pas passer de la profondeur à la légèreté, du monde de la Princesse Lotus à celui des Ducond(s) ? Qui a dit que l'espèce de poésie des « sans titre » excluait l'humour parfois féroce de la Tanche ? Pas moi en tout cas.
Je suis le cinq centième, heureux d'être là finalement, d'exister. Et j'espère bien qu'un jour un plus jeune, le millième, continuera ce moment d'exploration du monde de Pénélope. Parce que son monde est encore à écrire, ici ne figurent que les contours de la carte. Il y a le Maroc, le crêt'in, et son précieux dictionnaire de mots valises.
Il y a sa vie, aussi, dont finalement vous ne lisez que les filigranes. Allez, je vous fais une confidence. Toute hexagone qu'elle est, elle se sent d'ailleurs souvent, mais libérée. Une beur dessalée.


Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /Fév /2009 12:10
- Vous fûtes plusieurs... 4 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Délires et souvenirs - Communauté : La gazette des blogs
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