Cet hiver là, il retourna au pays. Il voulait retrouver ce souffle musical qui l'abandonnait, éteint par les brumes
glacées du Nord. La béance, à la fois douloureuse et nostalgique, se comblerait les pieds nus dans le sable, à regarder danser l'océan.
Il eut un vertige quand, entre désert et eau, il serra celles qui étaient restées, sa maman, ses sœurs, restée à garder le nid.
Kamal retrouvait son monde, tout habité de djinns qui erraient dans les creux ventés, mais encombré d'une modernité malodorante. Sur les pistes, cahotaient des bagnoles crachant, là où,
autrefois, les dromadaires et les ânes allaient d'un pas tranquille.
Il avait envie d'aimer, de trouver celle qui saurait réchauffer son cœur de la braise d'un regard, de la promesse d'un sourire. Aimer sans contrainte, sans qu'une cage referme ses barreaux sur sa
vie d'oiseau.
Ces femmes qu'il croisait, ressemblaient à se méprendre à l'image de son bonheur espéré, mais il savait qu'il faudrait les mener jusqu'à l'autel pour goûter à l'ambre de leur peau.
La nuit, le ciel était sombre, et l'homme rêvait sous ce ciel sombre. Kamal était un oriental.
Jeudi 5 février 2009
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Publié dans : Murmures à épisodes
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