Souvent, on écrit parce qu'on ne peut pas dire, parce qu'on ne sait pas dire. Les mots s'émoussent,
les mots étouffent. Ils sont là, à fleur de gorge, qui vacillent, qui s'égosillent. Ils sont là, mais les sons s'étranglent et sanglent la parole. Alors, on prend la plume, on invente un
vocabulaire chaque fois que se consume le propos. A se noyer dans l'écume des mots, on oublie l'amertume des maux. Et jaillit, de l'encre, une cascade limpide où barbotent les émois. Qui se
disent, se confient, s'abandonnent. Il en est ainsi, que seul le filigrane, fragile et diaphane, marque le papier des douleurs comme des joies, des souvenirs comme des rêves. Quand se cachent les
mots. Le monde est pourtant langage, mais qui n'est plus destiné qu'à masquer le vide des jours. On se gave. D'images assaisonnées de réclames. Et plus jamais on ne savoure la rime qui chante,
qui enchante. Cette cacophonie assourdit d'une clameur, la voix qui voudrait s'offrir. A force de mettre en scène le langage comme l'étal d'une échoppe, on ne peux plus dire. Alors, on écrit.
Jeudi 5 février 2009
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Publié dans : Confessions particulières