Le murmure des cascades qui caracolent sur des cailloux, clapotent comme cantates. Mots et mots, maux
à maux, éclaboussent là où moussent de toutes jeunes pousses de lucidité. Au centième sans-titre aurais-je le droit de dire « je », ce « je » haïssable de je ne sais plus qui ? Ici se pose un
texte comme une fête, un anniversaire, le fil ténu de morceaux de moi. Je ne sais pas si je repartirai pour d'autres encore, s'il y a encore à dire ou à écrire. Ce centième là ouvre les yeux sur
mon cœur qui saigne derrière un humour parfois déjanté. Il frétille de sa poésie pauvre, qui cache sa misère avec un semblant d'élégance. Quand on résume l'existence, on la voudrait aimante,
aimée. Et puis on la découvre terne, plate et désertée. Ma petite voix intérieure me raconte que rien n'est jamais fini, vraiment. Mais mon âme slave verse dans le violon qui suinte un miaulement
de chatte agonisante. Et ce centième, que j'ai attendu longtemps, arrive enfin. Il est tout de nostalgie. Qui voudrait que je parte enfin. Et qu'enfin, posée, j'écoute le murmure des cascades qui
caracolent sur des cailloux.
Jeudi 12 février 2009
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Publié dans : Confessions particulières