La mort d'un amour est un instant unique, dramatique même. Un matin, alors que le corps s'était
endormi aux frissons des souvenirs, il se réveille troué d'un vide abyssal. Et celui qui était le sang de la vie n'est plus que l'eau pâle d'un temps fini, pas même la rosée. Il flotte comme
l'odeur soufrée d'un brasier mal éteint. Le cadavre d'un amour né de chair retourne à la terre. Il viendra nourrir de cendres grises le terreau où poussent les jours. Alors vient l'apaisement.
Bien sûr, le deuil jettera dans les larmes ou la colère. L'on croira à peine que peut s'éteindre la flamme alimentée jour après jour, d'espoir ou de don, choyée au foyer comme fleur au jardin.
Parfois, une braise mourante éclairera d'un rougeoiement ce coin de mémoire où souffre l'histoire. La petite voix intérieure, celle qui murmure au cœur qu'il faut oublier viendra consoler ces
relents d'un chagrin inutile, ces traces déchirées d'un déchirant orage. Comme un soleil qui sombre au crépuscule, arrosant l'horizon d'or et de pourpre, la mort d'un amour est un unique
instant.
Dimanche 1 mars 2009
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Publié dans : Confessions particulières