Les larmes douces des femmes étranglent les hommes. Il suffit que perle cette eau née du trouble, pour
qu'ils détournent le regard. A croire qu'un sanglot les déchire. Ou qu'il les indispose. Ils ne savent par recueillir ce trop plein d'émotions que, souvent, ils font naître. Souvent, ils se
sentent accusés, ils se débattent et, parce qu'ils ne comprennent pas que pleurer est une autre façon, quand on ne sait pas crier, ni appeler, de partager un trouble ou une angoisse. Ils hésitent
à offrir une épaule juste solide, sans l'accompagner de mots maladroits, de propos embarrassés. Les larmes des femmes ne sont pas des armes. Ni même des reproches. Elles parlent d'amour, elles
racontent l'attachement, l'imaginaire où déjà, l'absence est douleur. Elles murmurent le manque. Elles débordent comme ces petits ruisseaux, après une ondée printanière. Se rendent-ils compte,
les hommes, que ces chagrins, qui partent en cascades silencieuses, ne sont que l'aube de l'apaisement. Et qu'après les flots viendra le repos. Un matin, consolé, ces désespoirs débordant
n'auront laissé qu'une trace mouillée sur l'oreiller. Mais les larmes douces des femmes étranglent les hommes.
Mardi 3 mars 2009
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Publié dans : Confessions particulières