Je prends du recul. Comme on dit. Mais une Tanche qui prend du recul, ça prend surtout le large. Ma petite tête
visite les nuages, tout là haut, au-dessus des flots écumeux. Je me sens légère, comme aux beaux temps de ma jeunesse virevoltante. Sans raison. Un poids s'est allégé, un nœud dénoué. Je sais
bien que cet état est éphémère et que viendra le moment où la boule noire ira se nicher au coin de l'arête. Qu'il me faudra à nouveau affronter mes démons, que parfois la poiscaille titille avec
une certaine délectation pernicieuse. Mais ce matin, j'ai confiance, j'analyse, je reconstruis. J'ai cru devenir folle, maboule, tourner du ciboulot, passer la ligne, radiner en folie aussi
sûrement qu'en vieillesse. Sauf qu'une poisson-médecine de ma connaissance a trouvé l'énergie pour ajuster les rouages bousculés et déboîtés de leur logement. Une formidable amie, attentive,
ouverte. Elle a pansé les plaies qui avaient été ouvertes à nouveau parce que les circonstances se faisaient hostiles. Quelque fois, le changement tient aussi au regard positif que pose sur une
Tanche, une autre Tanche plus avancée sur le chemin de la sérénité. La transmission, ça s'appelle, quand le partage de soi permet de gravir une marche de plus.
La Tanche, le 6 mars 2009
La petite phrase du jour
L'esprit nous sert quelquefois à faire hardiment des
sottises.
François de La Rochefoucauld
Vendredi 6 mars 2009
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Publié dans : Ce qu'en dit la Tanche