Qui se souvient de cette toile, un peu bancale, trop colorée, que j'avais commise dans le cadre d'une activité d'une galerie associative dont je suis membre ? Rien de très exceptionnel, une croûte banale d'une église banale. Et pourtant, elle trouva preneur...


Me voici de retour au bercail, fatiguée, avec bien des heures de sommeil à récupérer. Un emploi du temps hostile me contraint, ces jours ci, à ignorer mes envies de me blottir sous la couette. Même mes fins de semaines sont biffées, dans l'agenda, toutes occupées à courir. J'ai tout zappé ces derniers temps, et n'ai pas trouvé la miette de temps pour écrire un peu. J'ai tout zappé, le départ d'Alain Bashung, poète cher à mon oreille, la manif, tout.
Et ce soir, en bas de chez moi, il y avait la vente aux enchères annuelles des plaques. L'idée est sympathique. Parce qu'il est de plus en plus difficile, pour les associations, de fonctionner, les subsides étant notablement en baisse. Normal, la crise... Enfin, c'est l'alibi. Bref, je n'épilogue pas.
Chacun peint, décore, colle, agrémente à son goût une plaque de polystyrène de 30 x 30 cm, et l'ensemble des contribution est vendu aux enchères, afin que la galerie puisse continuer son action.
L'ambiance est festive, cubi, pizza et olives. Et comme chaque année, j'ai fourni trois plaques, et acheté trois plaques. C'est logique. C'est d'ailleurs cette association là qui m'a offert l'espace d'exposition pour ADGO.
Mais là n'est pas mon propos, et j'en reviens à ma cathédrale.
Je croise un monsieur bien sympathique en fin de soirée, un poil aviné, tout comme moi d'ailleurs, et j'engage la conversation.
Moi : « Vous n'auriez pas acheté une peinture d'une cathédrale un peu colorée ? »
Lui : « C'est le tableau le plus laid que j'ai acheté... »
Moi : « Ben, c'est moi qui l'ai fait, et je me demandais à qui il avait pu plaire »
Lui, embarrassé : « C'est à dire, c'est ma cathédrale »
Nous avons devisé sur ce mode là un bon bout de temps. Il m'a raconté des morceaux de vie au pied de l'édifice, et l'achat coup de cœur, parce qu'il le reconnaissait. Il n'empêche :
« C'est le tableau le plus laid que j'ai chez moi, d'ailleurs, je ne le regarde jamais, il est derrière moi quand je regarde la télévision, il met un peu de couleur, en même temps... »
Et bien, j'aime ce monsieur sympathique, qui ne cherche pas à investir, ou alors, en ce qui concerne mon œuvre pompeuse, c'est raté.
Je lui ai bien offert de lui peindre quelque chose de plus doux, une aquarelle. Mais il me l'a formellement interdit. Et m'a gentiment dit, au moment où la galerie fermait ses portes :
« Votre tableau est... vraiment moche, mais je suis content de vous avoir rencontrée, vous êtes - et là, il cherchait le terme - vivante, c'est ça, vous être vivante. J'habite un peu plus loin, je suis dans l'annuaire, vous pouvez m'appeler à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, au début je vous enverrai chier. Mais je serai présent ».
Ça réchauffe, et c'est surréaliste, comme j'aime.

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /Mars /2009 21:49
- Vous fûtes plusieurs... 5 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Murmures au jour le jour - Communauté : La gazette des blogs
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