Un verre de vin où plonger son chagrin. Dans le fond, troublé, se moirent de petits éclats. Ce sont
les infimes messages qui nagent encore, hérités d'un autre âge. Un vin de sorcière tourne l'âme, tord l'amour. Une ivresse, traîtresse, envahit, à peine les lèvres trempées dans le breuvage. Un
nuage d'émotions embrume. Là où, à la brune, les sourires s'émerveillaient de quelques bulles, il ne reste que le regain de paroles givrées, qui naufragent dans un printemps balbutiant. De
printemps en printemps, les pas s'alourdissent, qui font que courbent les nuques. De silence en silence, le regard se porte loin, tout là-bas, où s'achève le chemin. Une goutte de nostalgie file
du coin de la lèvre. De promesse en promesse, qui toutes ont coulé dans l'orage des jours, il naît un matin vidé. Ce que seront les années... qui peut le dire. Sans doute une houle écumante où la
vague exaltée s'épuisera dans un creux bouleversé. De bas et de hauts, toutes les vies s'accomplissent, et, parfois, se grisent, d'un verre de vin où plonger son chagrin.
Samedi 21 mars 2009
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Publié dans : Confessions particulières