... pour l'internationale de la tanche exploitée. Depuis quelques lunes, voilà que la médiatique planète du
marais ne cesse pas de poser la crise ambiante entre deux termes : économie virtuelle et économie réelle. Tout ce beau monde -chefs de gangs de requins, patrons d'usines à retraitement d'algues,
moissonneurs de concombres de mer, panseurs de grondins-, cet aréopage de cervelles pleines et construites navigue sans état d'âme entre l'économie du papier et l'économie du travail. Ils
contemplent, ces experts, les soubresauts que la folie de quelques anguilles âpres au gain, de quelques sardines de bourse, a déversé dans les fermes à poissons, dans les coquilles des huîtres.
Etant entendu que la majorité de ces hurleurs de corbeille sévit au sein de banques à plancton.
Il faut mo-ra-li-ser !!! Saisir tous les occiputs dorés, les bonduelus et autres stop-motions qui pleuvent dans l'escarcelle des mollusques dirigeants. Parce que c'est les même ! ceux qui
ponctionnent et ceux qui michetonnent. C'est incroyable ! Quelques requins se gavent pendant que les autres regardent. Et ils se gavent avec délectation, comme si c'était normal, au vu et au su
de la poissonité. Ils ont appauvri les mers et les océans, et ils continuent d'entasser les perles. Le monde nage sur la queue. Triton 1er va sortir un décret, frileux le décret.
On pique tous les sous, on les met dans une caisse blanche et on soutient l'économie locale : petites exploitations d'anémones de culture, associations des ablettes efficaces, aide à la baudroie
handicapée... On répartit : construction de huttes décentes pour familles de carrelets démunis, jardins de jeux pour alevins... On baisse la taxe sur le voleur ajourné au même taux pour tout le
monde. Bon d'accord, c'est naïf. Mais quand même : on leur pique tous ces sous qu'ils nous volent, parce que c'est nous, les tanches de base, qui paieront, au final.
Debout ! les panés de la mer
Debout ! les accras de la main
La maison rogne nos artères :
C'est l'éruption de la faim.
Du marché faisons fable niaise.
Moule esclave, Au fou ! Au fou !
Le marais va changer de glaise :
Nous ne sommes rien, soyons tout !
C'est la lutte tribale
Aidons nous et demain
Le marais jovial
Pilera les requins.
La Tanche, le 28 mars 2009
La petite phrase du jour
Les grandes révolutions naissent des petites misères comme les grands fleuves des petits ruisseaux.
Victor Hugo
Samedi 28 mars 2009
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Publié dans : Ce qu'en dit la Tanche