... un puzzle qui ressemble à ma vie, sans être ma vie. Je déplace les histoires comme les pions sur un
échiquier. J'écris de vieux souvenirs, si lointains qu'ils ont pris leur place dans mon parcours. Et je stocke mon quotidien pour les années qui viendront. Je pourrais alors, dans mon tout petit
cerveau, les mouliner, les malaxer jusqu'à qu'ils aient un sens au bord de sa route. Tantôt lampadaire, tantôt buisson, comme dans un jeu vidéo. Je place les anecdotes pour qu'elles décorent mon
paysage. La vie n'est qu'une collection d'anecdotes. Qu'importe que des amours soient mortes, elles ont fini par faire joli sur une colline. Qu'importe ces petits, ou gros, conflits parfois nés
des circonstances, d'un marais insécure où s'entrebouffent les poissons. Ils font frissonner, au loin, l'air quand il chauffe en été. Parce que, si au moment où ils sont vécus, les instants se
veulent éternels, s'ils pensent qu'ils resteront intacts, immuables, ils se trompent. Ils finiront comme les autres, digérés.
La Tanche, le 04 mai 2009
La petite phrase du jour
C'est drôle comme ça vous vient une invention... au moment où on s'y attend le
moins !
Alphonse Allais
Lundi 4 mai 2009
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Publié dans : Ce qu'en dit la Tanche