Je prends un vol pour d'autres horizons. Quand le maussade de la vie vient noircir le petit monde trop rose de
la Tanche que je suis, je me fais des rêves. Et, dans ces chimères colorées, je boucle ma valise et m'en vais, sous d'autres contrées, sous d'autres marées, ouvrir l'œil et contempler
d'incroyables lagons. Que j'invente. Après tout, pourquoi faudrait-il que l'univers soit réel. Je me lance dans des constructions curieuses où tout ne serait que le fruit de mon imagination. Et,
en poussant le raisonnement de loin en loin, je me questionne également. Si je n'étais, moi-même, que le rêve de quelque dauphin ou requin, perdu entre deux courants, qui me cherche et qui ne me
trouve pas... Et si l'océan n'était que le fantasme de quelque triton génial écrivant l'histoire... Alors la Tanche que je suis oscille entre deux émotions. Une belle reconnaissance d'avoir été
fabriquée, à une moment d'ennui, parce que j'aurai vécu des jours, parfois drôles, parfois triste. Et une colère fracassante de n'avoir jamais croisé le poisson qui m'était promis. Où alors, et
c'est pire, je me dis que je l'ai sans doute croisé, mais que je ne l'ai pas reconnu.
La Tanche, le 07 mai 2009
La petite phrase du jour
Tous les penseurs sont des ratés de l'action et qui se vengent de leur échec
par l'entremise des concepts.
Cioran
Jeudi 7 mai 2009
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Publié dans : Ce qu'en dit la Tanche