La preuve par le string. Le matin, la tanche que je suis, a bien du mal à s'activer. Autant avouer que j'ai des réveils aussi alertes que pourrait l'être un canari centenaire de cinq cent kilos tentant de prendre son vol. Et comme chaque matin, j'ai trainassé entre la tasse de café, la salle à geyser et les informations télévisées. Bousculée par le temps, à la bourre autrement dit, je me suis précipitée dans la pièce qui sert de dressing afin d'attraper de quoi cacher mon anatomie tanchesque. Même en retard, je ne me promène pas toute nue.
C'était pas mon jour. Je n'ai que trois strings dans ma garde-robe fessière, pour environ vingt huit mille six cent spécimens de toute autre forme, il a fallu que ce soit le doré qui me tombe sous la main. J'ai hésité trente secondes... et puis, je me suis fringuée aussi vite que possible.
C'est dans la matinée, alors que j'emballais consciencieusement une série de perles de grande noblesse, que j'ai ressenti comme un tiraillement, à un endroit qui me laisse bien tranquille depuis plusieurs mois. Ce n'était pas agréable. Du genre pantalon qui épouse si bien les formes qu'il faut un pied de biche pour se démouler. J'avais l'impression qu'on me coupait en deux à partir de l'entrejambe.
Je me suis mise à pester contre mon alimentation déséquilibrée du moment, contre les carrés de chocolat noir fourrés pralinés, les crottins de chavignol et les pâtes à la tomate. Voilà que je rentrai plus dans mes culottes ! Voilà que l'embonpoint me tirait sur le string.
Ce n'est qu'en fin de matinée que j'ai eu la clé du mystère. Enfiler une culotte normale, en général, je sais faire. C'est simple, on repère vite où se trouvent les ouvertures pour les jambes. Mais les strings, et bien, manifestement, je manque encore de compétence. J'avais confondu le fond en coton et le côté du string. Du coup, la ficelle n'était pas à sa place. Un peu comme un triangle rectangle, la longueur d'un côté est plus courte que l'hypoténuse.
Je suis définitivement inadaptée. Et je vais jeter mes trois strings.
La Tanche, le 29 mai 2009

La petite phrase du jour
Comme les dessous intimes, l'art est froissable et se salit rapidement.
Roland Topor


Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 21:39
- Vous fûtes plusieurs... 5 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Ce qu'en dit la Tanche
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