Quand à la Nichon, elle se fit tant haïr, surtout à cause des petites boîtes qui faisaient un potin d'enfer
chaque nuit, que sa propre mère la chassa de chez elle. La vieille aurait pu supporter les crapauds, en fricassée, les vipères, pour revendre le venin, mais les sonneries stridentes des choses
inconnues, c'était au dessus de ses forces. Il faut dire que la Fée avait été, pour le coup, une fée chipie. La sonnerie stridulait dans toutes les gammes, le fameux morceau concertino pour flûte
et farfeluth, en lala majeur de Stradivariusufruit, « T'as les fesses qui tombent, Pénélope ».
La malheureuse Nichon, après avoir erré sans trouver personne qui voulût la recevoir, alla s'asseoir au coin d'un bois. C'est là qu'un immense gaillard, barbu, antipathique, et sentant le
cadavre, la trouva. Comme il se cherchait une servante discrète pour tenir sa maison, où se déroulaient des soirées bien peu morales, il lui proposa le poste. Eperdue de gratitude, la Nichon
accepta. Elle regretterait plus tard, notamment lorsque les fiancées du bonhomme l'interpelleraient d'un « Nichon, ma sœur Nichon, ne vois tu rien venir ? », avant de disparaître mystérieusement
dans une pièce toujours close.
L'histoire ne dit pas ce que devint la vieille mère. Mais le fiston rouquin, lui, embrassant une carrière de punk avant l'heure, se fit une superbe iroquoise, que les voisins, ignorant le mot,
nommaient houppe. Après moultes combats héroïques, il resta connu dans l'histoire sous le nom de Rouquet à la Houppe.
Fin
L'épilogue... demain peut-être.
Mardi 2 juin 2009
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Publié dans : Murmures à épisodes
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