Le conteur, en refermant le manuscrit où s'étalait cette histoire incompréhensible, sortit jusqu'à la
taverne la plus proche. Puis, prenant son courage à deux mains, surtout la droite, se remis à écrire ce qu'il avait coutume d'écrire.
Mais, le lendemain matin, Jolie et Nichon étaient de retour entre ses lignes. Et chaque jour qui suivit
était du même acabit. C'est pour cela que, en l'an de grâce 1678, ce conteur de cinquante ans, un peu décati, déplumé, traînait ses guêtres le long de la seine en sirotant un mauvais vin. Il
était triste, le conteur. Il cherchait la gitane.
La nuit tombait quand il la trouva, qui faisait sa petite lessive dans une crique. Il se posa à côté
d'elle, sans mot dire, juste en la regardant, d'une mine de conteur battu.
La femme eut un sourire mystérieux. Elle bafouilla, lâchant au passage de pestilentiels effluves : «
D'accord, je lève le mauvais sort... Mais, remembre toi... il y a toujours quelque chose à tirer d'une expérience mauvaise. Lis et relis cette histoire abracadabrante, tu en feras sans doute
bon usage».
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