Aux magazines féminins. Pendant longtemps. Au point que mes armoires n'abritaient que des piles de ces
ouvrages, qui prenaient la poussière. Au début, l'addiction s'est installée par le biais de mon goût pour la cuisine, la décoration, le bricolage. Et la Tanche que je suis a commencé à guetter
tout un tas de productions mensuelles. Fébrile, j'attendais que le kiosque m'offre ma matière à digérer.
J'ai consacré de sacrés budgets à cette curieuse « plus qu'habitude ». Il fallait que j'achète... Frimas, Pourcentage, Tarte et Démolitions, Le Marais de Marie-Chantale, Tanche-Déco, Antres et
Morceaux... J'en oublie sans doute.
Mais, insensiblement, mon œil a glissé du point de tricot, au point d'astro. Et je me suis mise à me délecter des pages de rubriques qui dégoulinent de conseils aussi hétéroclites
qu'insignifiants. Je me suis mise à éplucher les jours avec et les jours sans. A fantasmer sur les prédictions amoureuses de mes amours. A traquer le moindre indice de l'invention de la crème
miracle à capitons, tueuse de comédons, mangeuse de jambon.
Quand j'ai pris conscience de cette terrible dépendance... j'ai entrepris une cure de désintoxication. Drastique. Je me suis interdit d'acheter le moindre bout de papier naviguant sur l'angoisse
femelle, faisant son beurre du gras du dos, dirigeant les vies au fil de l'astro. J'ai concocté un plan d'attaque, remplaçant mon budget « achat magazines féminins », par « achat hebdos d'infos,
mensuels de réflexion ».
Depuis, je suis envahie par tout un tas de revues, qui traînent de la tinette à la cuisinette. Le Coin, Le Modèle Occasionneur, Bobologie-Magazine, L'Exfesse, Défonce à pou, et j'en passe...
Comme quoi, être drogué, c'est une question de profil psychologique.
La Tanche, le 13 juin 2009
La petite phrase du jour
Dans le trafic d'idées, comme dans le trafic de drogue, on punit l'usager sans
toucher au dealer !
Guy Bedos
Samedi 13 juin 2009
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Publié dans : Ce qu'en dit la Tanche