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C’est un pays bordé de vagues comme un fin mouchoir est bordé de dentelle. Un pays qui se réveille dans la brume et les embruns. Même si, au loin, l’Atlas, géant rocheux, contemple l’horizon.
Des vagues et des vagues…
Celles de la Méditerranée, en mai, où les deuzelles et la Môman ont trempé les petons. La brune a rêvé au rythme lent de l’écume qui s’écrase sur le sable. Elle a médité un peu, sur l’illusion, sur l’inanité des vanités humaines, sur le temps qui passe et qui rattrape, qui attrape. En contemplant sa jolie maman. De souvenir en souvenir.
Et je la regardais regarder l’infinie ligne azurée où l’Europe, juste en face, s’agite, de crise en consommation.
Et puis, cet été, le rythme bien plus calme de l’Atlantique a bercé mon errance. Du moins la première semaine. La fraîcheur accueillante d’Essaouira, juste avant de me blesser dans le désert, restera l’un de mes meilleurs moments. Les deuzelles ont aimé cette ville, petite, tranquille. Ici, un intermède bucolique le long d’une frange blanche, offre un soleil qui plonge et qui barbouille d’orangé le bleu profond de l’océan.
Atlantique… de Tanger jusqu’à l’ancienne Mogador, en passant par Meknès l’Impériale et Casa la Blanche.
Quand ma Brune se pose dans le sable, elle pourrait rester là durant des heures à se laisser bercer par le souffle de la houle qui s’écrase. Et lui reviennent toutes ces chansons qu’elle écoute. Alors elle règle son petit caméscope et bombarde le paysage du clic de la boîte à images.
Juste pour fabriquer de minuscules rêves musicaux.