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… le bigorneauphone. Cet espèce d’ustensile laid, qui tient plus de la boîte à savon que de la boîte à musique, pollue, s’incruste, C’est devenu le tueur de lettres, le massacreur de cartes postales, l’empêcheur d’écrire en rond. Alors que la chose ne devrait servir qu’à informer, caler, organiser, il envahit tout l’espace. Il dort à côté de l’oreiller, parce qu’il s’est improvisé réveil…
Autant dire que la dictature du bigorneauphone frise l’insupportable, quand l’éteindre devient un crève-cœur, que la peur de rater un appel l’emporte sur le raisonnable.
Comment faisaient les grands-mères tanches autrefois ? Ben l’information attendait le soir ou la tournée du facteur.
Mais le pire, le summum de l’incongru, du décalé, de l’improbable, c’est ma copine poissonne panée qui l’a vécu, en mai dernier, au lagon…
Pour tout dire, nous avions, passé une merveilleuse journée loin de tout, au fin fond d’un vallon enchanté, immergées dans cette autre culture. Nous butinions des miels délicieux, nous goûtions des huiles parfumées. Nous voguions de plateau arboré, en vallée foisonnante. Et puis…
Et puis, la sonnerie stridente de son bigorneauphone, alors que nous étions à quelque seize cent mètres d’altitude, et à trois heures de piste du moindre village, retentit comme un trublion.
-« Allo… Madame Poissonne Panée… C’est Monsieur Carrelet – Société Sécuritartas- Nous souhaitons vous entretenir de notre nouveau système électronique de protection de vos algues d’entrées… »-.
Deux choses ont failli me faire mourir de rire. La première, c’est que, perdues dans les genévriers, à humer le parfum des fleurs de printemps, la préoccupation sécuritaire d’un marais paranoïaque avait quelque chose de décalé. La seconde, ce fut l’expression ahurie de la poissonne.
Surréaliste !
La Tanche, le 1er septembre 2009
Où se posaient les hirondelles avant l’invention du téléphone ?
Grégoire Lacroix
Drelin ! Drelin ! J'ai le cœur qui bat ! Qui est au bout du fil ?
Bises
ça dépend ? Un pendu au bout du fil ?
J'en suis sonné !
Bises