En lieu et place de Madame Mère-Tanche. Madame Mère-Tanche est un être exquis, drôle et dont le cœur occupe sans doute tout l’espace entre les ouïes et la vessie natatoire. Un cœur sous écaille en somme. Madame Mère-Tanche est distraite aussi, et dotée d’un humour parfois joyeux, parfois infantile.
Mais, depuis quelques marées, elle fulmine, depuis ce jour de décembre où elle a changé de dizaine, empruntant doucement le chemin de l’âge. La mauvaise dizaine, celle qui raconte que de Mère-Tanche l’on devient Grand-Mère-Tanche. Et comme elle fulmine, je relaie cette fulmination d’un clavier rageur. Normal, je vois mon destin dans sa juste colère.
Donc, depuis la dizaine fatidique, Madame Mère reçoit de nombreux courriers. Comme si toute la sainte planète du marais s’était donné le mot. Que ce soit l’organisme payeur des vieux jours. Que ce soit le requin du coffre à sous. Que ce soit le marchand de boîtes du coin. La réclame est alléchante. Du genre : « Chère Madame presque vieille Tanche-Mère, avez-vous songé à assurer votre cérémonie d’ultime demeure ? Êtes-vous certaine que vos dernières volontés seront respectées ? Et que dire de votre urne, de votre coin de repos, de vos fleurs, de vos chants et autres paroles ? ».
Bref, Madame Mère-Tanche est harcelée par des vendeurs de « conventions obsèques ». A croire que le marché de l’ancêtre devient porteur, qu’il va remplacer sous peu celui de la couche-culotte, du petit pot de carotte, du hochet, du rasoir à dix lames, du yaourt anti rides, du soutien-fesses, du pansement tueur d’œil de perdrix, du ...
Alors, que je dis, tous ces poissons-marketeurs, n’ont-ils d’autres préoccupations que les arêtes fatiguées de nos anciens ?
Qu’on se le dise, la mort est un marché, est un métier. Mais rappeler à des Tanches pleines de vie qu’ils sont du mauvais côté, c’est pas vraiment du goût le plus heureux. A quand la « convention réincarnation » ?
Je vois ça d’ici : « Chère Tanche, que préférez vous ? Nous avons un costume de protozoaire dernier cri, fluorescent. Ou alors, l’hippocampe irait comme une huitre à votre teint… ».
La Tanche, le 7 octobre 2009.
Je n’ai pas peur de mourir. Je veux seulement ne pas être présent quand cela arrivera.
Woody Allen
Etant dans quelques temps dans cette dizaine, je me réjouis, je vais enfin pouvoir fumer, et continuer à casser les urnes à quelques uns, je n'irais cependant pas chanter cendre et Meuse je suis anti militariste. Mes amitiés à votre mère qu'elle continue à se maintenir comme Roc, et pas Eclerc bien entendu.
Biz
Le promeneur
Bise, Forêt noire
Le promeneur
Bises. Penny