Partager l'article ! Une journée particulière: . Ce matin, dans mon courrier professionnel, j’ai reçu une jolie carte de la lointaine Ukrain ...
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Ce matin, dans mon courrier professionnel, j’ai reçu une jolie carte de la lointaine Ukraine, rédigée dans un français parfait et je sais la difficulté qu’a l’artiste qui me l’a envoyée, à maîtriser notre belle langue.
« Je voudrais vous féliciter à l’occasion de la fête du 8 mars, la fête internationale des femmes. Mes meilleurs et sincères vœux pour vous et vos proches. Que votre enthousiasme et la flamme de la jeunesse ne s’éteignent jamais ! »
Je suis touchée…
Mais, et c’est l’occasion, je suis interpellée, aussi, par cette curieuse manie de coller des journées commémoratives à tout berzingue.
Nous chantons la femme, ses louanges, ses sacrifices, ses combats. Nécessaire ? Peut-être.
…
Et si je voulais créer la journée du couple ! Hein ? Pourquoi pas. C’est quoi, un couple. Je regarde les miens hélas trépassés, je regarde ceux des autres. Et des couples, à mon goût, il y en a trop peu. Ah ! bien sûr, des associations, ça, j’en observe : le couple parental, la couple partenaire financier, le couple partenaire bâtisseur… Mais un couple amoureux ? Vous en connaissez beaucoup ? De ceux qui ont déjà quelques décénies de bouteille, qui ont dépassé ces trois premières années à surfer sur la vague de leurs hormones.
…
Alors, je me le tape, ce petit délire du couple amoureux, tout attendri de ces gestes quotidiens improvisés, de ces attentions délicieuses qui soufflent sur le feu, pour l’attiser mieux ? C’est parce que je crois que le bonheur relève d’un travail attentif et que, faute de cet effort là, l’amour meurt, comme la fleur qu’on oublie de soigner.
Quelques mots pour Lui… qui représente tous les hommes d’une vie, toutes les femmes d’un homme, tous les couples esquissés…
Et si… j’avais reçu parfois une rose, une toute petite rose, jaune parce que je les aime jaunes, le soir, simplement parce que c’est moi, ce que j’aurais souri, large et comblé le sourire. J’aurais aimé être au cœur de l’homme, son soleil, sa joie, son choix, sa rose d’or. Que parfois, il me prenne par la taille et m’entraîne dans un slow langoureux sur la musique de « Plus belle la Vie », parce que la musique, on s’en fout. Que je sente son désir érigé, juste là, contre mon ventre, comme un mot d’amour… Alors sans doute j’aurais inventé des pas de danse, des pas sensuels pour alimenter le jeu des corps.
Et si… j’avais reçu une invitation à un secret souper, par la poste, avec des petits cœurs de partout dessinés sur l’enveloppe, à le rejoindre dans un lieu improbable éclairé de chandelles, … Alors j’aurais évité ces kilos disgracieux, enfilé des cuissardes sur mes bas décorés de dentelles. Parfumée, j’aurais été ce soir là Shéhérazade racontant les délices poivrés de la nuit à avenir.
Et si… deux billets d’avion pour une yourte en mongolie avaient été glissés sous ma serviette de table, le jour de mon anniversaire, ou encore la clé d’une chambre louée dans une auberge à quelques kilomètres… j’aurais été sa putain magnifique, raccoleuse de lui, et lui seul, ouverte et émue, courbée et tremblante.
Et si… il avait su parfois laisser son regard s’embuer de larmes, pour une broutille, une préoccupation, et que ma main rassurante ait pu se poser sur son bras, qu’enfin il ait oublié qu’il a des couilles.
Et s’il avait su être faible, abandonné, démuni, vulnérable, alors sans doute aurais-je grandi, je serais devenue l’homme parfois.
Et si j’avais su souvent me taire, le laisser se poser. Si j’avais pu lui parler d’autres choses que des factures qui s’entassent, et de la fissure du plafond de la chambre… Alors il se serait peut-être souvenu que j’aime les roses jaunes.
Et si j’avais su l’inviter à quelque soirée coquine, pour lui, pour moi, exprimer un vrai désir sensuel, alimenter ce désir là au souvenir des plaisirs vécus et passés, il m’aurait trouvé belle, n’aurait j’amais oublié de le dire.
Et si j’avais su le surprendre, naviguer de l’extrême abandon à l’indépendance mystérieuse, sans doute n’aurait-il jamais cessé de me regarder.
Et si j’avais pu parfois pleurer, comme ça, pour rien, juste pour le plaisir d’être consolée, il se serait souvenu que je savais qu’il a des couilles.
Et si nous avions su oublier la poussière sur les meubles pour nous inventer des moments d’intimité, nous foutre du fait que le sol soit taché pour aller nous ballader la main dans la main. Et si nous nous étions offerts des petits déjeuners au lit à nous beurrer les tartines, les yeux dans les yeux, en nous mangeant des yeux. Et si nous avions inventé un langage que pour nous, émaillé de ces onomatopées langoureuses qui racontent les plaisirs charnels. Et si nous avions pris soin du corps de l’autre encore mieux que du notre. Et si nous avions élucidé chaque quiproquo, chaque non dit, chaque querelle, sans rancune, sans jugement, sans agression. Et si nous …
Alors, nous serions restés un couple d’amoureux. Mais je dois rêver. Je crois bien que ce n’est pas si simple. Que le temps use l’imagination, et que les ennuis du quodidien coupent les ailes.
En tout cas, je voudrais bien que le 14 juillet prochain, puisqu’il y a feu d’artifice et bal sur la place, ce jour là, nous décrétions que c’est la fête internationale du couple amoureux. Yep !