Un long moment de silence et de solitude se profile dans mes jours, et je crois que cela me convient. De toutes façons, il y a des tranches de vie où rien de s’imbrique, rien ne tombe juste… J’aurais bien voulu partir sur les chemins quelques jours… et voilà que le plafond me tombe sur la tête. La baignoire de ma gentille voisine vient de nous fausser compagnie : elle ne peut plus laver ses enfants, je prends son eau sur la tête. Autant dire que mes escapades sont remises aux calendes grecques.
Et par un mauvais coup du sort, c’est mon atelier de peinture qui fait les frais d’une canalisation récalcitrante. Je devrais me remettre à l’aquarelle, j’ai la flotte pour mouiller le papier, directement du producteur au consommateur. Bref, je suis coincée, acculée à rester chez moi, à la merci d’un Saint-Plombier. Et bien, il y a, dans ma région, une biennale de l’écriture, ce sera ma sortie du dimanche… En attendant, je vais gribouiller dans mes carnets.
Voici mon jardin, tel que nous l’avons tous construit, Valentin, Etoile, Brise Larmes, Lili et moi-même. Jardin où je vais aller rêver et reposer mon petit cœur confit. Merci à vous.
Dans un jardin jadis, il y avait une rose
Une fleur des temps éclos, des pétales de proses.
Elle babillait des poésies sucrées
Et la rosée mouillait de perles nacrées.
L’abeille la visitait souvent, cette rose était jolie
Butinant sans répit pour la joie de son esprit
Bientôt elle pût composer un miel
A la saveur sans autre pareille
Ce miel attira un jour un enfant
Qui une fois son esprit éveillé
Se demanda d'où pouvait provenir ce nectar sucré
Et partit à la recherche de la rose des temps
Chemin faisant il s'approchait
D'un jardin composé par les Grands
"Jardin des délices", c'est ce qu'il y avait d'indiqué
Sur une pancarte à l'entrée, entre deux chênes élégants
Dans ce jardin, cet enfant devenu homme
A genoux baisa la rose...
L'alchimie de leurs atomes
En fit une femme entre vers et prose.
J’ai croisé l’homme qui me fit prose.
Il m’a regardée, survolée, oubliée
Sur le bord d’un talus, et, prostrée
Je suis moins qu’un pétale de rose.
Vous en dites...