Premier jour de voyage…

Je roule depuis un bon bout de temps déjà. Je suis partie ce matin, à la fraîche, avec, au creux de l’estomac, l’appréhension de ce long voyage. Observer la route, anticiper, avoir le regard toujours rivé sur la trajectoire de la moto… Il y a un vent à décorner un zébulbe. J’ai froid, et je n’ai pris qu’un seul pull, que j’ai calé le plus possible au fond de mon sac. C’est l’été non ?

Comme d’habitude, je me perds dans les villes, je tourne, et je ne m’arrête que si le terrain est bien plat. J’ai de mauvais souvenirs de tentatives pour stopper dans des descentes ou des montées, je sais pô faire !

Il finit par faire faim. Et je trouve un bas-côté parfaitement plat devant une épicerie. Un camembert coulant et son pain mou plus tard, je repars à la recherche de mon premier parking. Le camembert aura le plaisir de couler trois jours dans mon sac à dos, et le pain se ramollira doucement, dans son cocon de plastique. Je vais quand même pas faire la route des restaurants, je n’ai pas trop le temps. Ce sera pour le soir, les tites dégustations, dans mes villes étapes. Nan mèèèè !

motodepart.jpg -Il manque le camembert sur la photo-

 

Foix : ville étape du tour de France. Zut ! Je ne vais pas trouver où dormir, j’ai bien le sac de couchage mais… Je rentre à l’Echauguette, hôtel en plein centre de la ville, et le monsieur de la réception me regarde d’un air réjoui. J’arrive au moment où une annulation vient de se produire, il peut de nouveau mettre son petit écriteau « complet » sur la banque, sous le nez d’un touriste qui erre à la recherche d’un gîte. Il repart déconfit (doigt de dieu ! hi hi hi !), le touriste.

Ce soir, 14 juillet, il y a eu un défilé Gaston Phoebus.

Ce fut bien joli, ma foi, ce défilé dans la ville de Foix. J’aurai du goûter un foie, gras le foie, dans la ville de Foix… Des fois, je rate le coche.

-Allo ! Gaston !-

 


Deuxième jour de voyage…

 

Passer les Pyrénées via Andorre. Quelle route ! A faire frémir de plaisir un motard, pour pas dire plus. La traversée des sierras, au nord de l’Espagne, est fabuleuse. Des kilomètres qui se déroulent sans heurt, une chaussée parfaite, pas un trou, pas une bosse, un macadam à faire pâlir un ingénieur des ponts et chaussées. Je fais une pause à Alcaniz, c’est dimanche et tout est désert. Face à la cathédrale, il y a un troquet qui sert, Ô Miracle, cette fabuleuse boisson au citron et glace pilée dont je ne me rappelle plus le nom, mais qui ramène le souvenir de mes vacances en Espagne, quand j’avais 6 ou 8 ans.

ca-alcaniz.jpg -Cathédrale d’Alcaniz-

Rouler encore un peu… voici ma ville étape du jour : Teruel. Et c’est l’heure du camembert, j’ai bien avancé. Je veux sortir du parking, un gros camion arrive, je pile et… et… et… je suis au dessus d’un trou, j’ai pô pied ! La moto, son chargement, dont moi, basculent. Ouinnnn !!!! J’ai cassé un clignotant et j’arrive pô à relever l’engin. Deux gentils messieurs viennent à ma rescousse, tant je dois avoir l’air perdue. Même que je pense pas à décrocher mes bagages, tellement je suis tremblante et, je l’avoue, vexée. Une pauv’femme qui fait la maligne à partir barouder seule, et ben, au moindre pépin elle fait quand même appel à des gentils messieurs.

Ben je ne reste pas dans cette ville, je continue, et je change d’itinéraire, sur un coup de tête. Je rejoins la côte, Valencia et je cherche un petit hôtel, que je trouve dans une banlieue triste, au bord d’une route. Je rentre, et les gens écarquillent les yeux. C’est qui cette folle aux cheveux aplatis, toute crade, qui parle pas la langue du pays et qui demande une chambre, room, etc… Ah ! « habitassionne ». J’ai au moins appris ce mot là.

Bref, je détonne un peu, ça ressemble à un hôtel de passe où s’avinent les gens du coin. Mais ça restera un beau souvenir : de la gentillesse de la patronne, du repas sympa qu’elle m’a mitonné, de l’aide de tout le monde pour trouver un coin sûr où garer ma moto, de toutes les bières qui m’ont été offertes et que je n’ai pas bues, des efforts de tous les clients pour venir me dire un mot gentil en français. Quel accueil chaleureux ! Je ne crois pas que chez nous, nous sommes aussi généreux avec le touriste de passage qu’on ne reverra jamais. Le seul bémol, c’est que j’ai dormi dans des draps qui ne sentaient pas ma transpiration à moua, et sur le passage d’un convoi de fourmis. A la guerre, comme à la guerre...

 

 A suivre…  


Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 22:01
- Vous fûtes plusieurs... 10 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Carnet de Voyage - Maroc
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