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Je me suis assise face à l’océan. Ici, le sud prend ses aises. Dans les terres, la chaleur écrase et l’architecture rougie, en torchis, rappelle les ksars de la vallée des Kasbahs. Aglou plage, tout près de Tiznit, là où la bijouterie se fabrique un festival, en juillet. L’artisanat c’est mon jardin quotidien, mais, ces derniers temps, j’ai envie d’une autre prairie. Le Maroc et moi, parfois, ça ressemble à de l’amour vache, mais de l’amour quand même.
Je me suis assise face à l’océan et j’ai contemplé longtemps la danse incessante des vagues. Et puis j’ai marché, jusqu’à la petite croisette, toute colorée, qui borde l’immense plage. La maison est à trois kilomètres, mais quelle maison ! Elle se donne des airs hollywoodiens. Un lieu hors temps, qui offre une paix rythmée par les marées.
Des petits cailloux tous ronds, lissés par les flots, roulés, brillants, lustrés… ils pourraient servir de pierres à un serti d’argent.
Ici, il faut regarder, et rêver, si le temps du rêve est encore à fleurir. Ici, se retrouver face à soi, et écrire sur la page blanche, même lorsqu’elle s’ouvre juste avant le sommeil. J’écris chaque nuit, mais les mots restent vains, s’envolent à peine chatouillés. J’écris chaque nuit même si, au matin, les phrases se sont égarées dans le sommeil.
Je suis fatiguée et je m’assoie face à l’océan. J’attends, de pouvoir raconter, un de ces jours, l’histoire des mots qui ne veulent plus se donner.