Partager l'article ! Ce que j’en dis…: Aujourd’hui, c’est la Saint-Valen’Tinjetepicdupognon. Ou la Saint-Valen’Tintamarre. Ça date de quand, au marai ...
Aujourd’hui, c’est la Saint-Valen’Tinjetepicdupognon. Ou la Saint-Valen’Tintamarre. Ça date de quand, au marais, cette tradition ? Ça date de l’invention de la fièvre acheteuse ? Ben, ça va faire l’affaire des cultivateurs d’anémones de mers, des plaqueurs de nacre, des éleveurs de liqueurdelion (*). Pour sûr. Mais ça va pas changer la face de la vase. Ça va pas rendre fidèle les coquins marlins. Ça va pas inspirer les mérousses (*) pétantes. Où alors juste pour qu’elles râlent.
J’ai jamais compris cette célébration là. Parce que, si le quotidien est serein, la Saint-Valen’Tinjemefèpardonné, elle a pas sa raison d’être. C’est comme l’année des méduses ou la fête des maigres. La raison n’est qu’économique. Les grandes aires de vente peuvent lourder les dernières huitres pas fraiches, résiduelles d’une fin d’année, aux candidats namoureux. Ils peuvent faire la promotion pour les citronçonnés (*). Ils peuvent étaler le foie gras sur des canapés conçus pour. C’est juste histoire d’enfiler les occasions de faire ouvrir les bourses. D’ailleurs, si on met bout à bout les dates, ya pas un mois sans un prétexte à gratter le fond des porte-monnaie. Et si on a une tartine d’alevins, une fratrie bien garnie, autant dire qu’il faut s’agiter dans les usines d’emballage de perles pour amasser du fifrelin.
Pour ma part, je suis bien tranquille, j’ai pas de Valen’Tinjeteferèbinvoirmontitoizo. Et j’avoue que je suis plutôt contente de mon sort. De toutes façons, les orques, les merlans, les harengs, et même les gentils dauphins, ils savent pas vivre seuls. Il leur faut une Tanchois (*) pour récurer leur auge, pour défroisser leur chemise et réchauffer leur lit. Ben j’ai plus envie de ça. Chacun dans sa vase, que je dis. Une ou deux nuits par semaine. Je me garde mes fins de semaine et mes vacances. J’ai plus le temps de m’occuper d’un autre. Partager, oui, m’occuper de tout, non. Surtout pour finir par me faire pourrir si je ferme pas la porte des vécés ou si je prends trois millimètres de gras sur le bedon.
Alors, la Saint-Valen’Tinvienquejeteconsomme… piège à thons.
La Tanche, le 14 février 2010
La Saint Valentin est un jour pour masochiste. Si l'on est avec quelqu'un il faut lui dire "je t'aime" avec un cadeau, pour que cela ait plus de valeur que les 364 autres jours de l'année ; si l'on est seul, on déprime !
Sarah Michelle Gellar
Liqueurdelion : Dauphins, Requins, Bob l’Eponge, si vous voulez que votre tanche ou sardine amoureuse vous prenne pour un preux chevalier, offrez lui une petite liqueurdelion !
Mérousse : Poisson de la famille de Jojo, en général femelle, mais on connaît des mérousses mâles, considérés pendant longtemps comme des accidents de la nature. Fort Heureusement, Yétibère, dans son immense sagesse, a réhabilité les mérousses mâles en prouvant que l’alevin était tout simplement passé près d’un nuage de laitance contaminée par les essais nucléaires. La mérousse est séductrice et elle porte souvent des perruques. Julie la mérousse a d’ailleurs laissé un bon souvenir du côté de chez Squame. La pire espèce de mérousse est la mérousse pétante. Dans des bulles nauséabondes, elle laisse toujours traîner quelques remarques bien senties.
Citronçonné : fruit en tranche dont l’acidité surprend, surtout si on s’en sert de lingette démaquillante.
Tanchois : poisson particulièrement rare, hybride, qui flotte toujours entre deux mots. La Tanchois est au marais ce que le zébulbe est au yéti, incontournable.
Ayayayayaye ! Tu es fâchée ! Diantre !
Bien, j'suis comme toi avec la Saint-Valentin. Au diable ! Je n'en peux plus des trous-de-pet !
Si ça te le dis, j'ai quelques suggestions de choses à faire pour survivre à cette foutue Saint Valentin Tiensquej'tebalancepardessusbord !
Bonne journée et bisous !
Trou-de-pet, ça fait poétique, ne trouves-tu pas ?
Tourlou !