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La pluie s’installe. Déluge de flotte. Au point que ça gadouille dans mon champ. Au point que ça me met la panse à la renverse. C’est quand le soleil ?
Le troupeau a le moral qui vire au lait caillé. La vache !
Entre ce printemps qui ronchonne, l’âge des verts pâturages qui recule, la crise en baratte, l’horizon est pour le moins rance. Ya plus de beurre pour les épinards. Ya plus qu’à courber l’échine, et ne pas en faire en fromage.
Pendant ce temps, sur le reste de la planète, ça s’étripe ou ça joue au football. L’être humain est le cancer de la terre : il prolifère et détruit tout. Je n’arrive pas à m’en battre la croupe … euh !!! la coulpe.
Dans ma petite étable toute neuve, je me réfugie dans mes rêves, dans de petites histoires que je gribouille et que je ne termine pas. J’ai ressorti mes peintures et toiles. Je vais me remettre à barbouiller des croûtes infâmes qui viendront colorier mes murs blancs. Je furète sur la toile en quête de concours d’écriture auxquels je ne participerai probablement pas. Je m’occupe en attendant que le temps passe.
C’est ni le bonheur ni le désespoir. Juste un état comme le ciel : gris. Des fois, j’ai envie de changer de prairie. Partir sur les routes à la rencontre des autres vachettes qui grattent la terre de leurs cornes acérées. Poser les jarrets à l’ombre de chênes ou d’eucalyptus. Et papoter avec des aurochs, des bisons, des yacks, des zébus, des buffles, des bongos, des koupreys, des élands, des nigaults, des bantangs, des gayals. Des différents, quoi !
Je suis bien sûre que j’ai tout un tas de potes et de potesses qui partiraient volontiers avec moi. Sauf qu’on est tous coincés. Pour une botte de foin, il faut faire de la crème. De plus en plus de crème pour de moins en moins de foin, d’ailleurs.
C’est la vie. Meuh !