Ma première bulle datait du 1er janvier de cette année. En ce temps là, j’étais une tanche pleine d’espoirs, pleine de révoltes aussi. Aujourd’hui, je me sens lasse et lassée. Sans doute un coup de louze hivernal. Un an de tanchinades parfois acerbes, parfois tendres, souvent désespérées. Même si l’humour ne fut pas absent. Qui a dit que l’humour était la politesse du désespoir ? Je ne sais plus.
D’ici, vu du marais, les années se suivent et se ressemblent parce qu’elles ne permettent jamais de penser que le monde sera meilleur demain. Que des poissons de bonne volonté porteront, enfin, la parole du menu fretin que nous sommes. Ben ! Force est de constater que nous sommes, nous autres qui naviguons au fond, menés par des Tritons de peu d’envergure, qui pensent bien plus à leur ferrachariote, la rouge avec un hippocampe, qu’à l’auge de l’ablette abandonnée ou du mérou malingre. Bref, rien de nouveau sous l’onde, claire ou boueuse. Que de la vase, du glauque, du méthane qui bouillonne à la surface de la mare.
Ça n’empêche pas de souhaiter du tout bon à tous les poissons. A tous ? Non ! Sauf aux Tritons, qu’ils se cassent la nageoire caudale ! Qu’on leur coupe la queue ! Qu’on les vide comme on vide la friture, en leur pressant sur le ventre ! Qu’on leur enfonce deux doigts vengeurs dans les ouïes ! Qu’on les épluche ! Qu’on les écaille ! Qu’on les éviscère ! Qu’on les lobotomise ! Qu’on leur tire le filet pour en faire des sushis !!!
Mais si vous n’êtes pas un Triton assoiffé de pouvoir et accro aux honneurs des médias, alors …
La quenelle est le poisson le plus mal connu de la faune maritime.
Francis Blanche
Etre solitaire ce soir ne me va pas, il faudrait que je sois ver pour le supporter, ou deux verres, mais pas d'eau, vous le dites vous même elle devient rare.
Bises
Le promeneur