Partager l'article ! Je suis réaliste…: Je suis une tanche souvent rêveuse, toujours révoltée. Il n’en demeure pas moins qu’il me reste un neurone très ...
Je suis une tanche souvent rêveuse, toujours révoltée. Il n’en demeure pas moins qu’il me reste un neurone très particulier. Le neurone de la lucidité. Celui qui contemple, ahuri, comment brasse le marais. Et bien, il brasse la crasse. Que survienne un courant contraire et les tritons se réveillent, étonnés que des dégâts collatéraux soient à déplorer. Bon.
Vouloir plier le monde, le poissonoformer pour que chaque ablette fabrique son coin cube, où elle pourra abriter un couple cube, élever des alevins cubes, et, si les fifrelins sont là, se faire construire une piscine cube, et bien c’est une hérésie. Il va falloir, un jour, que le peuple sous marin comprenne que le rêve de l’antre particulier est tout simplement une utopie. Au nombre que nous sommes, toutes mers et lagons confondus, il n’y a pas assez de place. Et voui !
Je mets tous ça à la sauce armoricaine, usant d’un humour sans doute contestable alors que des familles entières sont dans l’affliction. C’est très vilain.
N’empêche…
La seule attitude intelligente, c’est de construire en hauteur. Mais pas n’importe comment. Entre la maison individuelle et les barres de la Courneuve, il y a forcément une solution viable, vivable, conviviale. Reste à savoir si ça rapporterait assez aux avides, aux aficionados du profit immédiat.
Parce que, chaque fois qu’on envahira un coin de terre qui appartient à la mer, au vent, au fleuve, à la neige, à la montagne, à la colline, au volcan… et bien il faudra le rendre, de gré ou de force.
Et je n’ose pas envisager ce qui attend tous ces gens, en majorité d’essence modeste, qui ont posés leurs pénates à dix mètres de la faille San Andréa, juste pour disposer d’un coin barbecue.
Mais ça, c’est une autre histoire.
La Tanche, le 2 mars 2010
Il faut imiter la source qui ne se tarit pas et non pas l'averse qui inonde la montagne.
Proverbe chinois