Ben voilà, j’ai été à mon jeu, que j’en rêvais depuis longtemps. Et je me suis vautrée comme une méduse sur un banc de sable. Il faut dire qu’aucune condition n’était réunie pour que ça marche. J’étais stressée à mort. Je devais prendre deux jours de congés, avant. Et bien je n’ai pas pu. Trop de taf. Il faut dire que j’aurais préféré prendre le train, mais la poissonne panée, qui m’accompagnait, déteste les transports en commun. Il faut dire que j’aurais bien aimé avoir un planning cool, pouvoir m’isoler, ne voir personne, respirer, quoi. Et bien je n’ai jamais pu me mettre dans un petit trou.

Bref. Comme à mon habitude, je n’ai rien laissé voir. Je fanfaronnais, je papotais, je souriais, je riais. Mais, à l’intérieur, c’étais dévasté comme un champ de bataille.

Total, quand mon tour est venu, le haut, au-dessus du pupitre, était avenant, détendu. C’est normal, j’ai l’habitude de parler en public, pour mon job d’emballeuse. Mais le bas jouait des castagnettes. J’aurais pu faire une démonstration de charleston tip-top ! J’ai été saisie d’un tremblement incontrôlable que je n’ai jamais pu calmer. Alors… le buzzer, autant dire que j’ai été incapable de l’écraser rageusement et agressivement, comme il aurait été nécessaire. Je connaissais les réponses, mais j’avais toujours un temps de retard. Ça doit arriver aux timides dans mon genre, qui donnent le change, mais qui, à l’instant important, ne savent plus gérer leurs émotions.

Et le soir, ça été l’horreur, j’avais envie de regarder la fin de l’enregistrement, mais il fallait faire ceci et cela, passe que le planning avait été rempli à l’avance. Parler, alors que je rêvais de silence. Ça fait trois mois que je n’ai plus un seul moment de silence.

En soi, ça n’a aucune espèce d’importance, de perdre ou de gagner à un jeu télévisé. Par contre, ça m’a renvoyé mes doutes, mes angoisses, mon manque de confiance en moi en pleine tronche. J’en ai la vessie natatoire liquéfiée. Ça m’a fait toucher du doigt que je me sens ballotée comme un paquet dont on dispose, et que je ne sais pas dire non. J’en ai le cerveau en bouillie. Je pense que je vais aller me chercher une oreille compatissante et professionnelle pour m’aider à résoudre ce problème d’estime de moi qui me grignote, et qui me tue, peu à peu.

Bon, ben voilà pour les états d’âme. Ça arrive qu’une tanche ait des états d’âmes. Ben voui !!! Pas souvent, mais ça arrive.

En ce qui concerne l’ambiance, l’enregistrement… C’est génial. L’équipe est d’une incroyable gentillesse, elle fait tout ce qu’elle peut pour vous mettre en confiance. Quant à Julien Lepers… je suis tombée sous son charme. C’est vraiment un Monsieur gentil, drôle et sympathique. Et il encore plus beau en vrai que dans l’aquarium.

La Tanche, le 26 mars 2010


La petite phrase du jour

Ce qu’on nomme cafard n’est souvent qu’une éclipse de nos illusions et un éclair de notre lucidité.

Fernand Vandérem

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 19:13
- Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Ce qu'en dit la Tanche
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Commentaires

Bonjour.
La timidité, un handicap que n'imaginent pas les personnes qui n'en souffrent pas.
On peut toujours tenter de faire bonne figure, mais en situation de stress, elle vous dévore et vous perdez tous vos moyens.
Hélas !
Ceci dit, quel courage tout de même de tenter l'exercice, et si ça ne s'est pas passé si bien, l'essentiel est sans doute d'avoir participé !
Quelques mots déposés au hasard d'une ballade sur les blogs.
J'ai bien aimé aussi l'article où un sinistre personnage est remis à sa place.
Bien dit !
Bon dimanche
Commentaire n°1 posté par hanternoz le 28/03/2010 à 14h04
Merci de votre gentillesse. Je ne publie plus les commentaires du Personnage. Il s'est permis de commenter cette note en me donnant, encore une fois, une leçon de vie. J'ai 51 ans et je l'emmerde, alors j'ai répondu. J'espère qu'il ne reviendra plus. De toutes façons, je ne lis plus ses avis. Corbeille directe.
Bises. Penny
Réponse de Pénélope Timiste le 28/03/2010 à 14h42

qu'est-ce tu veux! pas moyen d'avoir à dispo autant d'émotions sans être hyper-émotif

 

Commentaire n°2 posté par nadyne le 03/04/2010 à 11h42

Ben voui ! mais des fois, ça me fait rager (encore une émotion qui parasite !!!). Bises. Penny

 

Réponse de Pénélope Timiste le 04/04/2010 à 10h24
Bienheureuse tanche!! Te voilà parvenue au "sommet", il semble que cela t'a laissé un goût amer! Perdre n'est pas en soi une défaite, juste un petit coup de marteau sur notre amour-propre! Je t'embrasse et vais aller butiner un peu chez toi, il y a trop longtemps que je n'ai pu le faire!! Bizadelfiks.
Commentaire n°3 posté par alibi-bi le 07/04/2010 à 13h53

'Tain Evelyne, si tu savais comme ton petit-mot me fait du bien. C'est pas de l'amour-propre au sens orgueil du terme. ça m'a plus renvoyé les difficultés que j'ai à gérer mes émotions et le stress. Caractéristique qui me handicape y compris dans toutes mes vies. Bisous du fond du coeur. Penny

Réponse de Pénélope Timiste le 07/04/2010 à 14h09

It's me

Déposé...

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