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Te dire que je t’abandonne, ma Tanche. Il faut qu’un jour les amours, même les plus belles, se terminent. Et toi et moi, nous avons passé de bons moments, mais voilà que c’est fini. 150 notes, presqu’un an et demi de dialogue ininterrompu. Je n’aimais pas ton évolution : aigrie, amère, parfois méchante. Je ne me reconnaissais plus dans cette harpie à la hargne épidermique qui te faisait cracher, baver, éructer à chaque fois qu’un grain de sable, ou un rocher d’ailleurs, venait perturber ton jardin.
C’est ici, aujourd’hui, que nos chemins se séparent. Nous avons partagé une intimité compliquée, et complexe. Ta présence à mes côtés m’a permis, bien souvent, de passer du tendre à l’acide, du drôle au désespéré… Une catharsis, sans doute.
Il faut que j’oublie : les histoires de mâles lâches et pitoyables, qui utilisent la colère, le temps ou le silence comme arme pour blesser ; les années d’un labeur ardu qui n’est pas assez, ne sera jamais assez. Ce « tout mélangé » où la passion n’aide pas, ni pour retenir l’aimé, ni pour faire de l’excellent boulot. Il nous manquait sans doute un peu de sang froid. Pour une tanche !!!
Alors, je te coupe le sifflet, je te fourre sous la vase, je te ligote dans les algues, je t’étouffe, je t’anéantis, je t’estourbis, je te pèle, je t’arrache les nageoires, je te perce la vessie natatoire, je t’élimine, en un mot.
Tu étais devenue ce que je ne veux pas être : larmoyante et cruelle. L’humour ne doit pas tout autoriser.
Ma Tanche, il te faut laisser la parole à une Abondance, une Béarnaise, une Bordelaise, une Bretonne pie noir, une Brune, une Froment du Léon, une Jersiaise, une Pie rouge des plaines, une Prim'holstein (ou Française frisonne pie noir), un pois chiche, une Rouge flamande, une Bazadaise, une Blanc bleu, une Blonde d'Aquitaine, une Charolaise, une Corse, une Créole, une Gasconne, une Hereford, une Highland Castle, une INRA 95 (mais c’est plus cher), une Limousine, une Mirandaise (ou gasconne aréolée), une Parthenaise, une Rouge des prés, une Saonoise, une carotte, une Armoricaine, une Aubrac, une Aure-et-Saint-Girons, une Bleue du Nord, une Ferrandaise, une Lourdaise, une Maraîchine, une Montbéliarde, une Nantaise, une Normande, une Salers, une Simmental française, une Tarentaise (ou tarine), une Villard-de-Lans, une Vosgienne, ou un navet.
Enfin on verra.
« Ça tombe bien, j’ai besoin de repos » m’a répondu la Tanche, le 16 mai
2010.