Partager l'article ! Le nouveau magasin d’écriture: Hubert Haddad – Editions Zulma Lu en quatrième de couverture : « Ecrivain, historie ...
Hubert Haddad – Editions Zulma
Lu en quatrième de couverture : « Ecrivain, historien d’art, pionnier des ateliers d’écriture en France, Hubert Haddad est l’auteur d’une cinquantaine de livres – romans, essais, théâtre, poésie. Dans toute son œuvre, il ne cesse d’explorer des voies nouvelles et d’interroger la littérature et l’imaginaire. »
Le livre
Un pavé ! 938 pages. Un dédale. Mais quel délice ! Et je ne l’ai pas lu d’une traite en commençant par le commencement. De toutes les façons, je débute toujours ma lecture par la dernière page d’un livre. Allez savoir pourquoi, mais il faut que je connaisse la fin, pour avoir envie de savoir quel est le fil qui mène à cette fin là. Même les romans policiers subissent cette étrange approche. C’est comme ça.
Ouvrir une page au hasard, c’est voyager en imagination. Entre les références littéraires et les propositions d’atelier, la richesse est là, offerte, juste à déguster. Je me dis que je vais me fabriquer mon décor. De rayon en rayon, piquer des suggestions, les entrecroiser et retrouver le fil d’histoires ou de poèmes, la trame de feuilletons, les vers de poésies.
L’imagination s’alimente d’une rencontre improbable, de l’or d’un soleil couchant, d’un parfum léger reniflé dans un tramway… mais aussi de la générosité de ceux qui, comme M. Haddad, accouchent d’ouvrages pour les écrivants.
Du coup, là, maintenant, il me vient un souvenir qu’un jour je conterai : la mort poignante de cet animal improbable qui accompagna mon enfance, Tony, le serpent-goupille à queue de potiron.
En tout cas, je sais, enfin, ce qu’est un haïku, bien que, tant qu’à écrire ce type de poésie concise, je crois que je vais préférer le tanka.
Et ce livre est beau. Que demander de plus ?
L’extrait
Entré à ses dépens dans l’histoire littéraire, le surréalisme mort de langueur il y a une quarantaine d’années avec la disparition de son prophète, sorte de Moïse glabre guidant la poésie hors des mastabas de l’académisme, s’impose à nous comme l’événement culturel majeur du XXe siècle. Il y eut certes d’autres investigations hautement créatrices, parfois plus abouties, mais aucune n’est comparable en puissance de renouveau, en passions déguisées vers un décisif ailleurs. Pour la première fois, l’injonction à changer la vie des Novalis et des Rimbaud fut véritablement mise à l’ordre du jour : la poésie devint urgence et le rêve action. Le haut romantisme trouve ainsi dans le surréalisme son aboutissement et sa mise à l’épreuve, par-delà les évanescences funèbres du symbolisme tombé en déliquescence.