Morne grisaille que fabrique un novembre où le souffle est suspendu. Il est venu le temps de
l’attente. Sans que l’on sache ce que l’on attend vraiment. C’est juste un moment qui traîne comme l’ombre d’un rien, au fil de brouillards matinaux. Un fil, que l’on tortille entre des doigts
nerveux. Chaque minute surprend un silence. Chaque heure se retient. L’attente plonge au cœur d’une mélancolie vague. Elle ronronne. Un rai de couleur, qui se peint à peu de choses, s’en vient la
câliner. Elle oscille, elle hésite. D’infinie elle se fait pleine. Dépeuplée, elle accueille une foule, des possibles qui naissent. Et l’attente chavire. Qu’importe comment elle s’est découverte
germant. La peur du néant ne l’étreint plus. D’un rai de couleur, elle a peint ses jupons noirs. Revêtu colifichets et frivolités. Là voilà, lumineuse, qui troue la grisaille que fabrique un
novembre où le souffle est suspendu.
Jeudi 3 décembre 2009
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Publié dans : Confessions particulières