La lente course du temps s’étiole quand le monde s’agite. Valse des étoiles ; elles ont eu l’éternité
pour danser. Et, poussières, les humains jaillissent, tourbillonnent. Ils ont oublié que la nonchalance n’est pas le vide, que ralentir est aussi s’apaiser. Douce est la main qui flâne au chemin
de la caresse. Tendre est le regard qui s’attarde, savourant l’instant, sans se hâter. Chaude est la parole qui lambine à l’orée de la lèvre. Hélas, la lenteur n’est plus de mise. Avide ogresse,
la vitesse pousse. Elle ravage les âmes jusqu’à les jeter dans l’agitation et le non vivre. On passe sa route sans jamais cueillir la primevère. Rugissent les cœurs comme moteurs emballés. Il
faut courir, il faut galoper. Passer de rive en rive sans jamais se poser. Et grappiller de l’émotion, des amours lyophilisées. Qu’est devenue l’époque où le silence valait méditation, où les
gestes apprenaient l’ampleur autant que la patience ? Elle s’étrique, s’amoindrit. Il faut cavaler, et se perdre. Pendant que la lente course du temps s’étiole et que le monde s’agite.
Lundi 7 décembre 2009
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Publié dans : Confessions particulières