Les fenêtres font des rêves qui voyagent au-delà des rideaux. Elles contemplent la rue. Du caniveau,
elles sont des regards clos, qui observent les errances du monde. Du caniveau, elles sont des vies qui s’agitent à l’ombre des allées. Elles se racontent d’une cerise, rougissant à l’ourlet d’un
voilage. Elles murmurent dans le tombé d’un velours mordoré. Elles témoignent d’existences blessées autant que d’amours à peines nées. La crasse du quotidien les couvre de poussière, quand la
neige les tache de froidure. Fines peaux de verre, elles s’envolent quand le soleil les réchauffe, vers des désirs d’ailleurs. Aller s’ouvrir sur d’autres horizons, aller briller sous d’autres
rayons. Il suffit qu’un air de printemps les caresse pour qu’elles frémissent d’un étrange frisson. Comme si, d’aventures en aventures, l’histoire venait cogner aux carreaux. Les vies d’hommes
sont comme ces fenêtres dont le coin d’une maison mange l’espace. De transparence ou d’opaque, elles griffonnent des destins comme le graffiti bricolé dans la buée. Elles griffonnent des rêves.
Et les rêves sont des fenêtres qui voyagent au-delà des rideaux.
Mercredi 16 décembre 2009
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Publié dans : Confessions particulières