La ville est blanche. Immaculée conçue par le poing glacé d’un hiver ravageur. Dans la laiteuse
ambiance, les façades et les pavés se confondent. Et tout change. Les odeurs bruissent d’un parfum nouveau. Les bruits exhalent un souffle feutré. Il est des peuples qui parlent de neige avec
mille mots. Ici, c’est juste de la neige. Pourtant, elle est fraiche ou poudrée, boueuse ou fondue. Mais elle raconte que le pays des saisons s’agite encore, alors qu’un éternel été, brûlant,
piaffe aux portes du temps. A moins que la glace ne vienne s’inviter à la table. Déboussolant, déboussolé, le climat tourneboule. Hiver ravageur avale le ciel, plombe les degrés, colore les rues
d’une lumière blafarde. Les humains marchent à pas lent, et l’espace se dépeuple. Tout juste aperçoit-on, dans le jour lourd, la trace d’haleines que les passants retiennent pour garder la
chaleur. Interminable. La ville est blanche.
Jeudi 11 février 2010
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Publié dans : Confessions particulières