Quotidien d'une Salers

La vache, c’est moi. Après avoir navigué plus mal que bien au fond d’un marais vaseux, je me lance dans le vert pâturage, l’alpage centralien, puisque l’alpage est aussi dans le Massif Central. D’ailleurs, on devrait dire « massage de massif », comme « alpage de Alpes ». Je m’égare.

Revenons au sujet : mon nouvel attirail, costume, déguisement. Ce sera une petite salers, rougeaude et vive, équipée de deux cornes à faire pâlir d’envie un taureau de Camargue.

Nouvelle peau, nouvelle ère… enfin j’espère. Tout est nouveau ces jours dans ma vie. A me recaler des habitudes, à prendre une autre dimension, à abandonner mes hardes douloureuses. Même si la Marguerite que je suis (normal pour une vache !) ne parvient pas à guérir ses blessures. Au pays des cicatrices, les éraflures sont du petit lait.

La Tanche n’avait qu’un tas de boue pour horizon, la Vache regarde les sommets, hume l’air frais, broute l’ivraie.

Une vache, c’est gentil, c’est mignon. Euh ! Mignon ! Mi gnon plutôt, dans le cas de la salers. De grands yeux doux de myope, mais le coup de sabot imprévisible. Encore mâtinée d’auroch. Je sais de quoi je cause, dans mon jeune temps, je me suis occupée d’un petit auroch. Faudra que je raconte.

Je me veux vache à lais, mais pas vache à lait. Question de choix. Parce qu’il n’y a plus rien à traire, j’ai tout donné. J’ai encore quelques rêves, mais sûrement plus d’illusions. Et, passé cette triste constatation, il me faudra bien retrouver le sourire. Je me veux vache qui rit.

Meuh !

 

provache


Jeudi 20 mai 2010 4 20 /05 /Mai /2010 22:12
- Vous fûtes plusieurs... 3 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : La gazette des blogs

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Voilà qu’enfin mon toit s’est allégé de ses cartons. Il était temps ! J’ai cru faire de la crème fleurette, à force de tourner chèvre au milieu de mes bagages. Ce n’est pas le luxe, je n’ai pas de mangeoire en or massif, pas de trayeuse plaquée, pas de fourche en orichalque. Mais c’est juste à la taille de ma croupe et de mes sabots. Un cocon où j’espère pouvoir mitonner de la chantilly, passer de longues soirées à palabrer, rêver en ruminant mes mots. Un chez moi à moi toute seule, salers dessalée, vache avachie. La décoration est encore balbutiante, il reste des coins à aménager, des meubles à repeindre ou inventer. Et faire rentrer le bastringue de trente ans de vie dans cinquante huit mètres carrés, c’est presque une gageure.

En plus, j’ai une belle vue. Sur les toits de la ville.

 

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Trois jours à déplacer sans stratégie ; déballer ; ranger, déranger, re ranger ; faire des trous, des petits trous, des trous ratés qui perforent la cloison ; cacher les trous ratés ; poser des étagères, charger les étagères ; bricoler un lit haut comme un table, histoire de planquer l’inclassable ; suer, transpirer, souffler ; pfiou !

Mais moulue, vermoulue, courbatue, me voilà à me pâmer comme vache au pré. Heureuse. Meuh !

 

provache


Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 23:04
- Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : La gazette des blogs

Les états du moi et du ça d’une salers fluctuent comme crème fouettée : tantôt chantilly, tantôt beurre. Du léger au roboratif. Du vaporeux au graisseux. Dans le printemps finissant, si peu prodigue en soleil cette année, un besoin de silence, l’envie d’un champ de luzerne vient à me taquiner. L’envie d’un chant du cygne aussi.

Le quotidien est enfermant, et je me sens comme une vache au box, dont le lait est tiré à la trayeuse, sans relâche. Du lait ! Pressée la salers.

J’ai juste envie de bavasser, pas de baver, de digérer, pas de ruminer. J’ai comme dans l’idée que l’avenir se corse, que l’horizon s’obscurcit. Faire son travail de bonne vache consciencieuse prend des allures d’escalade. Et les vaches ne sont pas des chèvres, elles ne savent pas sautiller dans les pierriers.

Il est bien triste ce troupeau qui magouille, qui pour relancer une carrière vacillante, qui pour retrouver un pouvoir chahuté. Il reste la solitude choisie, pour échapper aux meuglements. J’observe. J’écoute. Je pique du nez sur mon herbe, je m’applique à brouter, afin d’offrir un lait de qualité. Pour le reste, qui croit pouvoir faire mieux, qu’il le fasse. Moi, ça me ferait glousser, même si je ne suis pas une oie.

Et je réfléchis, je tire des leçons.

Comprendre que l’ironie n’est pas de l’humour, que l’ironie blesse quand l’humour dédramatise. Que l’ironique asticote quand l’humoriste détricote. Apprendre que certains disparaissent sans un mot, amours ou amitiés, et que le chagrin est le même. Que lorsqu’on a tendu la main à maintes reprises, il est temps de tourner le dos.

Quand j’étais tanche, j’aurais sans doute rué dans les brancards et exprimé une juste… juste ? juste à mon sens… colère. Désormais, et entre nous, je m’en tape, je m’en contrefous, je m’en bats l’œil, je m’en tamponne. Ceux là qui m’ont fait de la peine ne valent pas l’instant d’une pensée.

J’ai, devant moi, le premier jour du reste de mes jours. Et c’est pas le bœuf mal cuit du coin, le taureau mal embouché du champ d’à côté, la génisse mal bouchonnée du voisin, ou le veau mal sevré d’une quelconque vache à viande qui vont me noircir mon paysage.

Je suis une mignonne petite salers enrobée, rigolote, malicieuse, plutôt gentille. J’ai tout plein d’histoires à raconter, des clins d’œil à partager. Et je n’ai plus d’énergie à gaspiller.

Voilà, ce sont les états d’ah ! Meuh ! d’une poussière d’étable, qui déborde d’un trop plein de fatigue. Et qui use de mots, pour s’en délivrer, apaisée.

Tant va la vache à l’eau qu’à la fin elle se scratche. Meuh !

 

 

provache


Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 22:55
- Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : La gazette des blogs

La pluie s’installe. Déluge de flotte. Au point que ça gadouille dans mon champ. Au point que ça me met la panse à la renverse. C’est quand le soleil ?

Le troupeau a le moral qui vire au lait caillé. La vache !

Entre ce printemps qui ronchonne, l’âge des verts pâturages qui recule, la crise en baratte, l’horizon est pour le moins rance. Ya plus de beurre pour les épinards. Ya plus qu’à courber l’échine, et ne pas en faire en fromage.

Pendant ce temps, sur le reste de la planète, ça s’étripe ou ça joue au football. L’être humain est le cancer de la terre : il prolifère et détruit tout. Je n’arrive pas à m’en battre la croupe … euh !!! la coulpe.

Dans ma petite étable toute neuve, je me réfugie dans mes rêves, dans de petites histoires que je gribouille et que je ne termine pas. J’ai ressorti mes peintures et toiles. Je vais me remettre à barbouiller des croûtes infâmes qui viendront colorier mes murs blancs. Je furète sur la toile en quête de concours d’écriture auxquels je ne participerai probablement pas. Je m’occupe en attendant que le temps passe.

C’est ni le bonheur ni le désespoir. Juste un état comme le ciel : gris. Des fois, j’ai envie de changer de prairie. Partir sur les routes à la rencontre des autres vachettes qui grattent la terre de leurs cornes acérées. Poser les jarrets à l’ombre de chênes ou d’eucalyptus. Et papoter avec des aurochs, des bisons, des yacks, des zébus, des buffles, des bongos, des koupreys, des élands, des nigaults, des bantangs, des gayals. Des différents, quoi !

Je suis bien sûre que j’ai tout un tas de potes et de potesses qui partiraient volontiers avec moi. Sauf qu’on est tous coincés. Pour une botte de foin, il faut faire de la crème. De plus en plus de crème pour de moins en moins de foin, d’ailleurs.

C’est la vie. Meuh !

 

provache


Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 22:45
- Vous fûtes plusieurs... 5 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : La gazette des blogs

Alors comme ça l’hexagone, peuplé d’hexagons râleurs, hâbleurs, dragueurs, gobeurs de bobards, farceurs, noceurs, suceurs de prestations sociales, bambocheurs, écornifleurs de marguerites et massacreurs de camemberts… les hexagons donc, ont hissé leurs enthousiasmes au pinacle du pessimisme. Ah voui. C’est vraiment pas normal. Jugez plutôt…

La France, ce joli petit pays aux côtes tantôt sablonneuses, tantôt déchiquetées, et où s’entassent les algues toxiques, connaît, depuis une trentaine d’année, un développement économique inversement proportionnel au pouvoir d’achat de ses habitants. Non, la France n’est pas ce pays où 5 % de la population capte 80 % de la richesse créée. Meuh non !

La France, patrie de Voltaire, Rousseau, Jaurès, a toujours à sa tête un grand homme d’état, préoccupé du rayonnement de la culture plus que de son propre intérêt. Et surtout, il a pris le risque d’être impopulaire, choisissant de ne pas solliciter un second mandat pour mener à bien les réformes nécessaires. Il a tenu ses promesses : nous bossons plus et nous gagnons plus. Il ne fait pas dans le démago, le tout populiste. La France est redevenue terre d’accueil. Et surtout, elle applique les directives européennes en ce qui concerne l’accès au travail pour les ressortissants (allez demander aux roumains ce qu’ils en pensent, et je ne parle pas des roms). Tout le monde sait ça. Meuh  oui !


J’ai un rire tinté de cynisme… Yep. C’est juste que, dépression hivernale oblige, je suis, comme la plupart des bovins gaulois, un tantinet chahutée par le non espoir qui s’étale depuis dans lustres dans les journaux… Un tantinet désabusée par le constat implacable que bosser beaucoup, s’investir et aimer son job, et bien ça ne paie pas, ni en pépettes, ni en satisfaction personnelle… Un tantinet désespérée par la certitude que nous autres, vaches d’en bas, nous sommes sensées fournir le lait sans jamais en voir la crème.


C’est le tout bon du libéralisme. Et ! Youpi ! Soyons optimistes, faut croire à un avenir meilleur… Tête de veau ?

 

provache


Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 22:02
- Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : La gazette des blogs

Me voilà cloîtrée à l’étable. J’ai le moral dans la botte. Et ya même pas de petite lucarne close par un scratch pour aller voir comment ça cicatrise. L’âme s’est fracturée aussi sûrement que mon pauvre membre. A force de chocs, de chutes et de coups. C’est pas tout d’afficher une faconde fanfaronnante, encore faut-il avoir la certitude d’être autre chose qu’un excrément.

Je tripote régulièrement les doigts du pied massacré : sont-ils glacés ? Ont-ils enflé ? Vont-ils tomber comme des cerises pourries de leur branche ? Il y a des jours où cela devient obsessionnel. Surtout ceux où j’ai l’illusion que ma cheville enfle jusqu’à occuper le moindre interstice de la botte. Comme si elle tentait de s’échapper, quitte à se transformer en gélatine. Ma cheville crie « Liberté ! ». Dès que je garde le pied à sa place normale, c'est-à-dire prêt du sol, et ben mes orteils se prennent pour des vitelottes, ces petites pommes de terre violettes. Pfiou !

En plus, le devenir de mes guiboles m’inquiète. La gauche, sur laquelle je suis perchée en permanence comme un héron dans son marais, fournit un effort constant, sollicite les muscles. Elle se modèle peu à peu, reprenant des allures sportives. Quant à la droite, la feignasse, la malade, la souffreteuse, elle est au repos. Je crains que le résultat, au bout de l’immobilisation, ne ressemble à Laurel et Hardy : une jambe de sprinteuse associée à une queue de cerise avec des poils dessus.

Côté pratique, aller faire mon pipi d’ange déchu (normal j’ai chu) revient à courir un marathon. Il y a au moins six mètres entre mon canapé-lit-bureau-salle à manger, et le lieu d’aisance. Que je parcours à béquilles en ahanant comme une vieille poule qui rejoint son nid. Et quand j’arrive enfin, l’exigüité du vécé me contraint à laisser la porte ouverte. Il faudrait dire aux architectes que la profondeur de cette indispensable petite pièce devrait être au moins de la taille d’une jambe cassée. Total, je me contiens jusqu’à être toute seule chez moi. Ouille ! C’est douloureux. Surtout le retour, même si je suis plus légère. Courir deux marathons dans la même minute, c’est pas du nanan.

Quant à l’ennui, il est terrible. Il s’installe durablement. Un peu d’ennui, ça fait fonctionner l’imagination. Beaucoup de désœuvrement, ça ramollit. Je me sens comme une méduse échouée sur une plage. Je me laisse sécher.

Si je récapitule, je suis devenue, en peu de temps, une salers gélatineuse, aux allures de héron, qui caquette comme une vieille poule tout en contemplant ses vitelottes et en menant une vie de méduse. Une vraie ménagerie !

 

vitelotte


Mardi 15 février 2011 2 15 /02 /Fév /2011 09:33
- Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)

Je suis une Salers, dont le destin est de faire du lait. Et me sentir « vache à lait » est l’une de mes indéniables compétences. Je dirais même que je suis capable d’en faire tout un fromage. Mais pas de faire camembert… C’est plus fort que moi. Et je croque fort quand les poisses me sont contées, quand on m’envoie à la raclette !

En ce moment, j’ai un vrai souci, un de ceux qui font tourner la crème et rancir le beurre : je fais dans le grossigène. C’est compulsif. Je n’arrive pas à m’en empêcher et je rumine. De Salers, je me vois déjà Charolaise. C’est pathogène. Je me morigène, mais je m’aliène au grossigène. Du coup, avec l’inactivité et l’arrêt du tabac, j’ai la sensation de m’enrober jusqu’à l’obscène.

Forcément, j’engueule mon entourage, c’est plus simple, et ça défoule. Mais la vérité c’est que rien ne réfrène mon envie de grossigène. Ce phénomène me malmène et je me sens plus que moyenne. Impossible de résister. Qu’un Saint-Félicien vienne s’égarer dans mon frigo, il finit en tartine. Qu’un Jésus me tente de ses rondelles appétissantes, et je me jette sur l’aliment comme une phalène sur un halogène.

Mais le pire ! Le pire du pire ! C’est le chocolat de la vache violette que la marmotte a emballé dans le papier d’alu.

Pour sûr ! Je vais finir vache à viande et je serai présente, l’année prochaine, au Salon de l’Agriculture. Avec le pot (au lait) que j’ai, je vais recevoir une petite tape amicale du Président (qui sera encore en fonction) sur l’arrière train. Je vais faire une allergie, et je vais mourir d’un choc anaphylactique.

 

provache


Samedi 19 février 2011 6 19 /02 /Fév /2011 20:30
- Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)

Ah ! Il faut que je me fasse à la lente fuite du temps… Me voilà qui broute à l’étable, enclose dans un minuscule box. Dans mon malheur, j’ai, après moultes réclamations, reçu (merci Monsieur le Facteur) enfin mon décodeur tévé par internet. Alors, entre deux siestes, je me délecte d’être délivrée des larmoyantes histoires d’amour, des harlequinades, des tristounets témoignages de vécus, des sempiternels feux de l’amour et des émissions médicales qui finissent par rendre hypocondriaque. J’ai tout plein de chaines, puisque je me suis offert le bouquet à 14 euros : celui qui rajoute « Toute l’Histoire », « Encyclopédia », « Escales », etc…

Je vais être la vache la plus cultivée de l’Ouest de la Ville. Bon ! Pour le côté pédant du bestiau, c’est fait.

Maintenant un peu d’honnêteté. En fait, mes après midi sont rythmés par TMC, qui n’a rien de transcendant, d’un point de vue édification du téléspectateur. Je retrouve mes héros préférés : Sherlock Holmes, Miss Marple et surtout, surtout, Hercule Poirot, interprété par David Suchet. Ce grand acteur britannique est principalement connu, chez nous autres, mangeurs de grenouilles, pour ce rôle là.

Et pour avoir lu tous (ou presque) les romans d’Agatha Christie, je n’imaginais pas mon Hercule autrement que sous les traits de David. Qu’il se frise la moustache, ou qu’il furète de ses petits yeux en boutons de culotte, tout est juste. Même la démarche, lente et rigide colle au personnage. Quant à sa suffisance ou à l’ode à ses petites cellules grises… Du grand art !

Du coup, mes après midi de vache cloîtrée s’écoulent tranquillement. Peu à peu, je me refais l’âme, je me régénère, je retrouve des envies. Sûr que mon lait va s’améliorer !

N’empêche, si je maitrisais la langue de Shakespeare, je crois que j’écrirais à Hercule Poirot. Mais je peux toujours essayer en belge… Une fois ?

Raconter n’importe quoi, ça remonte le moral. Meuh !

 

 

suchet


Mercredi 23 février 2011 3 23 /02 /Fév /2011 16:03
- Vous fûtes plusieurs... 1 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)

Aujourd’hui l’Etat se modernise… Se mort-dernise oui ! La petite vache mesquine qui s’atrophie à force de rester immobile vient de tomber sur ce clip à la gloire de l’Etat kissmoderniz. Ah ! Je me gausse ! L’Etat s’étiole, se vide se ses responsabilités, tourne le dos à son peuple. La voilà, la vérité vraie. Il refile aux Régions ce qui est de son devoir sans donner les sous. Ça, tout le monde le sait et le dit. Ça doit être un chouilla vrai. Mais le pire, c’est que l’Etat se débarrasse aussi de ses rôles régaliens. Il va tout droit se bushéïfier. Rappelons que le Sarko, il était le seul à soutenir son ami Bush, alors ya pas de raison qu’il n’essaie pas bushéïfier la France . Ça veut dire : je me lave les mains de tous ce qui arrive à ceux qui n’appartiennent pas à mon premier cercle.

Ça veut dire : je commande tout un tas d’études que je ne lirai pas et qui iront mourir dans des armoires. Et je créée les commissions ad’ hoc. Ah ! Dîtes à vos petits veaux que le métier d’avenir, c’est « Chargé de Mission ». Passe que les chargés d’étude, ça missionne des chargés de missions, qui eux même font appel à leurs semblables. Je vois d’ici : « M. Machin, chargé de mission, afin de coordonner les missions confiées à des chargés de missions, et avec un rôle de vérification des sous-traitants chargés de missions et autres chargés des missions annexes ».

Ça veut dire : je parle de sécurité mais je vire les poulets du poulailler. Surtout, je les mets à la répression des contrevenants stationnés, pas à la prévention. Ça rapporte pas assez, la prévention.

Ça veut dire : il faut éduquer la jeunesse, la former et je dégraisse tous les instituts de formation, qu’ils soient de formation initiale, continue ou professionnelle. Quand je peux pas les faire maigrir, je leur coupe les vivres. Ça les aidera pour le régime.

Et à la place, on mettra des ordinateurs de partout. Le salut de la France passe par l’Ordinateur, tout puissant, Dieu de la modernité.

Je m’y vois déjà…

Un matin, je me casse la figure et je me fracture la cheville… je me traine jusqu’à la borne de pompier la plus proche. Un véhicule sans chauffeur arrive, qui sort un bras articulé et m’emballe prestement, sans ménagement. Il m’emmène au premier hôpital. La cyberinfirmière m’accueille avec un questionnaire où je dois répondre oui, non, mais sûrement pas peut-être. Ça n’existe pas « peut-être » dans la bushéïfication de la France. C’est « oui t’as des sous, tu seras soignée Ma fille », ou « non t’as pas de sous, et ben Crève ! ». Et ça, c’est pour tout. Pour l’école, pour les soins dentaires, pour le logement, pour la sécurité, pour l’accès au crédit, pour tout, que je vous dis !

La bushéïfication de la France, c’est aussi envoyer nos d’jeuns faire des guerres à la con pour des raisons de pognon. Il s’ennuyait tellement, le Bush, au Pouvoir, que le 11 septembre lui a donné l’occasion d’aller faire joujou avec ses navions dans un pays qui n’y était pour rien, en argumentant d’un lot de mensonges. Le seul complot qu’il y a eu à l’époque, c’est le complot Bush contre Saddam. Le seul franchouillard prêt à suivre… c’était Qui ? Devinez !

Moi, vache coincée sur sa couche je dis que des éléments comme : l’énergie, la banque, la santé, l’éducation, ne devraient jamais jamais jamais tomber dans le domaine privé. Ces quatre éléments sont de nature à réguler fortement le reste de l’économie, voire à exercer une pseudo police éthique, quand des requins se mettent dans l’idée de s’en mettre plein les babines. Surtout la Banque : il faut renationaliser les banques, dans le monde entier.

Encore que… faut être sûr d’avoir des dirigeants honnêtes… Et ça, c’est pas gagné !

A titre d’édification, un article trouvé dans Paris-Match (qui ne peut-être taxé de gauchisme), sur MAM (paix à son âme politique) qui s’est parée de vertu toutes ces années et doit se sentir offensée d’avoir été poussée dehors… A méditer.


Lien vers l'article de Paris-Match et la Fondation Alliot-Marie

 

La vache qui rit pas.

 

provache


Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 11:58
- Vous fûtes plusieurs... 0 très exactement. - Vous en dites... - Publié dans : Quotidien d'une Salers - Communauté : C'est une histoire de filles...;)

Puisque je suis en pleine RBA, Révolte Bovine Aigüe, je vais continuer avec un autre aspect du fonctionnement du monde qui m’agite le rond de gîte : LA FONDATION.


La Fondation est à notre monde moderne, ce que « l’œuvre de charité » était aux bonnes âmes, ces dames qui avaient leurs pauvres, au début de l’ère industrielle. Je comprends bien que les gens très riches aient envie de fourguer, contre défiscalisation, ou autres avantages, une partie de leur beurre à des épinards chétifs. Mais que la fondation puisse œuvrer, guérir, aider, là où un juste partage des richesses devrait être la règle, ça, ça me déclenche une crise de RBA. Parce que si le Golden Gates abandonne toute sa production de cheddar au profit de la lutte contre le Sida, c’est parce que les états riches s’en contrefoutent, que l’industrie pharmaceutique se lèche les pis des bénéfices probables liés à la prolifération du virus. Si Mme de Bête en Cour fait, comme par hasard, une grosse donation à sa fondation, c’est peut-être parce qu’elle le veau bien, au vu de ses rodéos familiaux récents.

Le fond du problème, c’est que le libéralisme laisse quelques taureaux et autres aurochs s’enrichir de manière outrancière, et se donner bonne conscience en arrosant quelques unes des misères du monde. Pfiou ! C’est pas beau.


Par définition, une Fondation devrait prendre en charge ce qui n’est pas essentiel à l’humanité. À savoir ce qui ne relève PAS de la santé, de l’éducation, de la recherche fondamentale, de l’habitat, de la nutrition, de la gestion de l’eau, de l’écologie et de la préservation de la nature, de la culture et du patrimoine, de la prise en charge des plus âgés et de l’accompagnement de fin de vie. Ces aspects là doivent être de l’ordre du régalien, quelque soit le pays. Ce qui revient à ce que je disais un peu plus haut : comment partageons nous les richesses ?


Dans l’idéal, la fondation devient un outil destiné à combler les lacunes, certes intéressantes, mais pas vraiment prépondérantes, qui ne peuvent être assumées par les finances publiques, puisqu’elles s’occupent de l’essentiel.


Et, par exemple :

puce.jpg Fondation pour la sauvegarde et la préservation muséale des chaussettes trouées (surtout celles des pipoles).

puce.jpg Fondation pour l’adoption des rats d’égouts en tant que témoin du développement  consumériste de l’humanité.

puce.jpg Fondation pour la diffusion universelle de Star Trek.

puce.jpg Fondation pour le rapprochement des bretons de Lozère.

puce.jpg Fondation pour l’apprentissage du cri du Fennec.

puce.jpg Fondation pour la préservation de la culture Yéti

puce.jpg Fondation pour la création d’un musée à la gloire de Laurence d’Arabibine.

puce.jpg Fondation pour la création d’un aéroport à Saint-Chély-D’apcher.

J’en oublie. Normal, je ne suis qu’une vache rousse et cornue.

 

provache


Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 23:39
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It's me

Déposé...

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