Murmures

En panne de tout, et surtout d’envie. J’ai mis du coton dans mes ouïes et scotché mon bec. Je ne peux plus. Plus rien. J’ai besoin de repos. C’est comme ça les tanches, ça fonctionne à la cocotte minute, comme énergie. Ça emmagasine, ça bouillonne, ça fume, et puis il arrive un moment où la vapeur pousse sur le couvercle. Et je suis une tanche ordinaire. J’arrive même plus à sourire. J’ai toujours le front qui plisse comme la peau d’un shar pei. Je me ratatine sous la couette en espérant que le lendemain sera plus nerveux. De tanche, je vire au basset hound parfois, ces gros toutous patauds et crétins, qui ont un regard à faire fondre la banquise. Si au moins je retrouvais une humeur de Shih Tzu, espèces de petites boules poilues et primesautières. Shih Tzu ! Shih Tzu ! Drôle de nom pour un chien. Pas vraiment encourageant. Le chien est à l’humain, ce que le bernard-l’hermite est à la Tanche. Un compagnon silencieux qui ne contrarie jamais, qui est toujours là à se coller contre le flanc.

Ah ! En parlant de flanc, je flanche. Mes idées se font la malle, elles cavalent. Surtout elles se suivent sans se ressembler. Elles sautent du congre à l’anchois. Elles m’échappent, elles vivent leur vie d’idées sans se préoccuper de moi, la tanche. Elles ont pris leur autonomie, m’ont tourneboulé la cervelle.

Ça a commencé par la révolution des circonvolutions. Je me suis trouvée prise dans un effroyable engrenage. Celui du mot intempestif, de la phrase rebelle, du paragraphe hâbleur. A force, j’avais fini par me cogner le gras du crâne dans la vase à vers du fond du marais. C’est comme ça que les idées se sont taillées. Depuis, elles s’amusent à me malmener. Elles m’agressent dès que je mets la nageoire dehors. Yen a pas une pour sauver l’autre. Ce sont toutes des petites varlopes qui me rabotent la santé. C’est brochet blanc et blanc brochet.

Il faut que je débranche, sinon je vais finir ma vie de tanche en surimi, coupée en tranches.

La Tanche, le 22 octobre 2009

 

La petite phrase du jour

Quand une idée est dans l’air, il faut se méfier.

Alphonse Allais


Jeu 22 oct 2009 1 commentaire

Salut toi,

On finit toujours par croiser nos chemins.

J'suis toujours abonnée à tes posts.  Ils arrivent en rafale, toujours. Signe que tu es toujours aussi volubile.  

Qu'est-ce que tu dis là, au juste ?

Ne m'en veut pas si j'ai perdu le fil de tes histoires.  J'ai de la difficulté à suivre les miennes.  Toujours malmenée par la vie.  J'dois avoir un "osti" (ça c'est en bon québécois !) de gros karma. 

Tu sais à quoi je rêve ? 

M'ennuyer. M'ennuyer à mourir. Être assise sur une chaise et me dire : "j'tu en train de m'ennuyer là ?".

Le mots se bousculent, se perdent, errent.  Les mots vives souvent sans nous. Mais que tu n'en ai point, je doute.  

C'est toujours un plaisir de croiser ta route. Peut-être qu'un jour j'y serai plus volubile.

Je te salue,
GinTonHic 

GinTonHic - le 24/10/2009 à 23h10
Coucou Giny, ben c'est un plaisir pour moi aussi de croiser ta route. Maintenant qu'on s'est reconnues sur Facebook, j'ai de tes nouvelles.
Moi, je ne deviens rien, depuis au moins un an, je cours et je ne fais plus grand chose pour moi. A part ces quelques bulles, vite torchées.
J'aimerai avoir le temps d'écrire... et de m'ennuyer, aussi.
Bises. Penny
Pénélope Timiste