Murmures

Un long moment de silence et de solitude se profile dans mes jours, et je crois que cela me convient. De toutes façons, il y a des tranches de vie où rien de s’imbrique, rien ne tombe juste… J’aurais bien voulu partir sur les chemins quelques jours… et voilà que le plafond me tombe sur la tête. La baignoire de ma gentille voisine vient de nous fausser compagnie : elle ne peut plus laver ses enfants, je prends son eau sur la tête. Autant dire que mes escapades sont remises aux calendes grecques.

Et par un mauvais coup du sort, c’est mon atelier de peinture qui fait les frais d’une canalisation récalcitrante. Je devrais me remettre à l’aquarelle, j’ai la flotte pour mouiller le papier, directement du producteur au consommateur. Bref, je suis coincée, acculée à rester chez moi, à la merci d’un Saint-Plombier. Et bien, il y a, dans ma région, une biennale de l’écriture, ce sera ma sortie du dimanche… En attendant, je vais gribouiller dans mes carnets.


Voici mon jardin, tel que nous l’avons tous construit, Valentin, Etoile, Brise Larmes, Lili et moi-même. Jardin où je vais aller rêver et reposer mon petit cœur confit. Merci à vous.


Le jardin de Pénélope


Dans un jardin jadis, il y avait une rose

Une fleur des temps éclos, des pétales de proses.

Elle babillait des poésies sucrées

Et la rosée mouillait de perles nacrées.


L’abeille la visitait souvent, cette rose était jolie

Butinant sans répit pour la joie de son esprit

Bientôt elle pût composer un miel

A la saveur sans autre pareille


Ce miel attira un jour un enfant

Qui une fois son esprit éveillé

Se demanda d'où pouvait provenir ce nectar sucré

Et partit à la recherche de la rose des temps


Chemin faisant il s'approchait

D'un jardin composé par les Grands

"Jardin des délices", c'est ce qu'il y avait d'indiqué

Sur une pancarte à l'entrée, entre deux chênes élégants


Dans ce jardin, cet enfant devenu homme

A genoux baisa la rose...

L'alchimie de leurs atomes

En fit une femme entre vers et prose.


J’ai croisé l’homme qui me fit prose.

Il m’a regardée, survolée, oubliée

Sur le bord d’un talus, et, prostrée

Je suis moins qu’un pétale de rose.

Sam 28 avr 2007 8 commentaires
Belle Pénélope, tu es bien plus que pétale de rose, les roses ne durent pas, toi tu seras toujours là par ton regard, ton sourire et tes mots, je t'embrasse
missparadoxe à vous - le 28/04/2007 à 14h07
Merci, beaucoup. Bises Pénélope
Pénélope Timiste
aïe pour ce dégât des eaux Occasion  effectivement pour te remettre à tes pinceaux.. de  l'eau   toujours de  l'eau  rien que de l'eau  je suis allée  dans ta galerie   cela faisait un moment,  des nouveaux  sont arrivés. Donc je résume : belle plume,  belle  soie (  de pinceaux  hihihi ) pas de talent  dis tu,  en tous les cas tu te soignes bien!
lomi lomi - le 28/04/2007 à 14h53
Ya un grand seau au milieu de mon atelier... ouinnn !!! pour le talent, merci de ta gentillesse. Si je pouvais en être convaincue, peut-être aurais-je la force de changer ma vie. Bisous Pénélope
Pénélope Timiste

bon, la fin n'est pas franchement optimiste mais j'ai eu tellement peur du sort que tu reserverais à ce pauvre prince charmant... que ça va, j'approuve et je fais le lien sur mon blog ! :-)


(j'ai été ravie de reprendre ton questionnaire de Prout !)


Et bon courage pour les degats des eaux, je connais ça... juste une fois un gros à éponger toutes les demie-heures, la nuit... :-( sinon des tas de petits à répétition qui emmerdent bien le monde...

captaine lili - le 28/04/2007 à 18h04
Ben Lili, j'ai pas osé le massacrer, je crois que ça t'aurait fait de la peine... et pis, j'arrive plus à en vouloir à personne d'autre qu'à moua (snif !!!). Bisous Pénélope
Pénélope Timiste
bien beau le poême ,un peu triste .J'espère que tu ne t'es pas noyée dans tes eaux ...usées  en plus .Bon courage  !
Maria Mouton - le 28/04/2007 à 22h03
Ben j'ai des seaux qui récoltent les gouttes, mais le plafond va vraiment tomber, je le crains, il boursoufle. Bises Pénélope
Pénélope Timiste
Quelle puissance dans ce texte! Comme une flèche qui traerse le coeur...
Enriqueta - le 29/04/2007 à 09h16
Tu me rappelles la chanson de Renaud : Coeur à prendre, pas à vendre à donner... un petit coeur blessé. Bises Pénélope
Pénélope Timiste

c'est ton poeme, tu avais le droit de massacrer le prince charmant... mais merci d'avoir voulu épargner ma... naivete ? :-)


Si te viens l'envie d'ecrire une autre fin, pour te défouler sur le prince, n'hésite pas... Je survivrai ! :-) :-) :-)

captaine lili - le 29/04/2007 à 10h41
Nan, même si les princes je les trouve pas trop charmants, ce n'est que ma vision (non vision devrais-je dire...). Ne pas massacrer un prince, c'est aussi laisser une petite fenêtre d'espoir ouverte. Mais il tarde, mon prince. Je l'ai peut-être croisé sans le reconnaître, aussi. Je suis fatiguée : il y a toujours un obstacle, la distance, le moment, lui ou moi. Fatiguée, avec, encore, une toute petite parcelle de lumière quelque part. Alors, je ne le massacrerai pas. Bises Pénélope
Pénélope Timiste
Peut être mais quelle prose sublime à côte de laquelle les roses palissent.
Funny Valentine - le 01/05/2007 à 22h33
Merci. Bises Pénélope
Pénélope Timiste
Je vais de monts en merveilles, en lisant ces poèmes.
Très original, et d'une belle unité.
Moi, j'en aime la fin, un peu fataliste mais si réaliste!
Peau - le 04/05/2007 à 23h05

C'est notre jardin à tous. c'est un beau cadeau. Bises Pénélope

Pénélope Timiste